‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 179 sur 253 · DIFFICULTÉS RENCONTRÉES PAU LA REINE · texte numérisé non relu

DIFFICULTÉS RENCONTRÉES PAU LA REINE

fondement modifié par les Communes, fut voté par L93 voix contre 120. Il abolissait entièrement les premiers fruits et laissait à la disposition de la reine les seuls bénéfices sécularisés et les seules dîmes qui appartenaient à l'Etat au moment du vote de la loi. Marie mit, chaque année, à la disposition du légat, la totalité de ces redevances qui se montaient à une somme de 6.000 livres sterling. Ce revenu avait été confisqué par la couronne depuis 1528. La reine voulut qu'il fût consacré à augmenter les ressources des petites cures, et à rentretien de prédicateurs et d'étudiants aux universités *. Mais il était grevé de pensions diverses. La noblesse d'àme et le désintéressement de Marie étaient évidents dans cet acte.

Gardiner était mort le 12 novembre, pendant la session du parlement2. Accablé par la maladie et les infirmités, il avait, jusqu'au bout, rempli ses hautes fonctions avec une grande énergie. La reine perdait en lui le plus habile comme le plus clairvoyant de ses ministres. C'était un beau caractère. Les historiens officiels de l'Eglise d'Angleterre lui reprochent d'avoir accepté de nouveau l'autorité du pape après l'avoir combattue fortement dans un traité redoutable. Les plus bienveillants insinuent que l'évêque diplomate se réconcilia avec Rome pour sauver la doctrine qui ne résistait pas aux assauts des réformateurs, depuis que l'autorité du Saint-Siège ne la protégeait plus. Pourquoi n'admettrions-nous pas que Gardiner a exprimé le fond de sa pensée et sa conviction profonde, quand il a avoué, au cours du procès de Roland Taylor, s'être trompé en repoussant la suprématie de Rome?

Avant de mourir, Gardiner avait organisé, de concert

1. Slatutes of the realm, 9 et 3, Philippe et Mary, chap. iv, p. 275.

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