LE SAINT-SIEGE ET I1ENHI VIII
jamais d'être bonnes. Henri avait assuré à sa dynastie l'appui du puissant roi Ferdinand, en épousant sa fille Catherine d'Aragon. L'alliance avec l'Espagne étant ie pivot de sa politique, il avait tout intérêt à ménager le Saint-Siège, intimement uni à Ferdinand. En 1512. il entra dans la Ligue de Cambrai formée contre la France par le belliqueux Jules IL En 1514, à peine élu, Léon X lui envoya un bonnet et une épée. Le messager qui apportait ces présents fut reçu à Londres avec des honneurs extraordinaires. Aux temps de la diète de Worms il adhéra à la ligue du pape et de l'empereur. Henri alla plus loin : Érasme nous apprend dans une de ses lettres, qu'en 1518, le roi avait composé un traité aujourd'hui perdu sur la nécessité de la prière vocale *. Gasparo Contarini, envoyé de Venise, a laissé un récit 2 de la promulgation solennelle de la bulle papale condamnant Luther, faite à St-Paul, qui est à Londres ce que l'église Notre-Dame est à Paris. Fisher, évêque de Winchester, après avoir lu la bulle en présence du roi, des ambassadeurs et de toute la cour, fit un grand discours en faveur de l'autorité du Saint-Siège. Il ajouta en terminant, que le roi avait écrit un traité contre Luther. L'ouvrage parut quelques semaines après3 avec une dédicace au pape. Il fut, bien entendu, très admiré. Un homme se permit de faire remarquer à Henri qu'il était dangereux, au point de vue politique, de mettre trop en évidence l'autorité du pape dans l'Eglise. C'était Thomas More 5 , et l'auteur lui répondit avec chaleur qu'il ne changerait pas un mot à sa thèse. Une bulle conféra au roi le titre de Défenseur de la foi.