LE SAINT-SIEGE ET HENRI VIII
sur le clergé. Léon X qui ne pouvait rien refuser, sans de graves inconvénients, au puissant chancelier de Henri VIII, le nomma, en 1518, légat du Saint-Siège pour tout le royaume. L'église d'Angleterre ne tenait plus à Rome que par l'intermédiaire de Wolsey dont le pape fut obligé de prolonger la légation.
A la mort de Léon X, Wolsey posa sa candidature à la tiare, en l'appuyant de la promesse d'un don important au Sacré-Collège ' ; un ambassadeur anglais fut chargé d'influencer les électeurs, mais le vieux maître de Charles-Quint fut élu, le 2 janvier 1522, et devint Adrien VI. Le ministre anglais fut encore le compétiteur de Clément VIL Celui-ci, sous le nom de cardinal de Médicis, avait été un ami de l'Angleterre, il confirma la légation de Wolsey pour la vie et lui donna l'autorisation2 de supprimer plusieurs monastères afin de fonder deux collèges, l'un à Oxford, l'autre à Ipswich. Vingt-neuf monastères disparurent ainsi. La mesure ne fut pas populaire. En juin 1525 les gens de Bayham, dans les Sussex, rétablirent par la force les prémontrés dans leur maison. Parmi les « visiteurs » que Wolsey employa à la suppression de ces couvents figurait Thomas Cromwell que nous retrouverons plus tard et qui avait déjà la réputation de provoquer de riches cadeaux.
Après la mort de son premier ministre, Henri VIII suivit les exemples donnés par ce prince de l'église au point qu'un contemporain, Lord Herbert de Cherbury, a pu dire3 : « Notre roi emprunta par la suite au cardinal d'York ses arguments pour la dissolution des monastères, sa passion pour gouverner à la fois l'État et l'Église. »
1. Letters and papers, Henry VIII. tome III, 2e partie, n° 1892.
2. La bulle est dans les Fœdcra de Rymer, t. VI, part. II, p. 15.