‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 22 sur 253 · Henri VIII et l'Église d'Angleterre · texte numérisé non relu

Henri VIII et l'Église d'Angleterre

Durant tout le Moyen Age, les évêques avaient défendu leurs droits et ceux de la nation contre les caprices des mauvais princes. Quelques-uns de ceux-ci avaient essayé de briser la résistance des représentants de TÉglise par des moyens violents. L'expérience avait si mal réussi avec Thomas Becket qu'ils ne la renouvelèrent pas. Les souverains avaient pris l'habitude de transmettre leurs demandes au clergé réuni, en Convocation du sud, à Westminster, et en Convocation du nord, à York. Les députés examinaient les désirs de la couronne, négociaient, s'il en était besoin, avec ses ministres, et finissaient toujours par s'incliner. La diplomatie avait réussi là où la violence avait échoué, de sorte que le pouvoir du roi sur l'Église d'Angleterre était devenu très grand.

La nomination aux évêchés était pratiquement entre les mains du roi parce que les chapitres des églises cathédrales étaient très obséquieux à l'égard de la cour et acceptaient d'élire le candidat qui lui était agréable, très souvent un diplomate ou un chapelain royal qu'on voulait récompenser. De leur coté, les papes saisissaient l'occasion d'être aimables pour le souverain en acceptant ses candidats. Ainsi, la plupart de ces évêques étaient des fonctionnaires du roi; ils n'étaient pas indépendants, parce que leur devoir envers le chef de l'rLtat était aussi clair que leur devoir envers l'Eglise, bien que ce dernier fût sans doute, aux moments de crise, considéré par eux comme supérieur, du moins en théorie. Des évêques ainsi recrutés négligeaient les devoirs spirituels de leur charge puisqu'ils continuaient de servir l'État dans les ambassades et les missions diplomatiques. Beaucoup de diocèses res-

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