IX. Du péché originel ou péché de naissance
Le péché originel ne consiste pas dans l'imitation d'Adam (comme le prétendent vainement les Pélagiens); mais c'est la faute et la corruption de la nature de chaque homme, qui, naturellement, tire son origine de la race d'Adam; et c'est par là que l'homme s'est beaucoup éloigné de sa droiture originelle et se trouve de sa propre nature incliné au mal, de sorte que les convoitises de la chair sont toujours contraires à l'esprit; et c'est pourquoi le péché originel mérite la colère de Dieu atout homme qui vient en ce monde. Et cette infection de la nature demeure même en ceux qui sont régénérés ; c'est pourquoi la convoitise de la chair, appelée chez les Grecs « phronema sarkos )>, que quelques-uns traduisent par sagesse, quelques-uns par sensualité, quelques-uns par affection, quelques-uns par désir de la chair, n'est pas soumise à la loi de Dieu. Et quoique cette sensualité n'entraîne pas de condamnation pour ceux qui croient et sont baptisés, cependant l'Apôtre confesse que la concupiscence et convoitise impure a en elle-même la nature du péché.
.V. Du libre arbitre.
La condition de l'homme après la chute d'Adam est telle qu'il ne peut s'appliquer et se préparer, par sa propre force naturelle et ses bonnes œuvres, à acquérir la foi et à invoquer Dieu : c'est pourquoi nous n'avons pas le pouvoir d'accompli]' de bonnes œuvres agréables à Dieu et acceptées de Lui, sans la grâce prévenante de Dieu par l'intermédiaire du Christ, grâce qui peut nous donner un bon vouloir, et la grâce coopérante qui coopère avec nous après que nous avons ce bon vouloir.
XL De la justification de l homme.
Nous sommes tenus pour justes devant Dieu seulement à cause du mérite de Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, par la foi et non pas à cause de nos propres œuvres ou mérites : Voilà pourquoi dire que nous sommes justifiés par la foi seulement, est une doctrine très saine et très consolante, comme on l exprime plus au long dans l'Homélie sur la justification.