‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 240 sur 253 · XXV. Des sacrements · texte numérisé non relu

XXV. Des sacrements

Les sacrements institués par le Christ ne sont pas seulement des marques et des signes du chrétien, mais sont plutôt des témoins sûrs et certains, et des signes efficaces de la grâce et de la bienveillance de Dieu envers nous, par lesquels il opère visiblement en nous et ne fait pas seulement naître mais aussi fortifie et confirme notre Foi en lui. Il y a deux sacrements institués par Notre-Seigneur Jésus-Christ dans V Évangile, c'est-à-dire, le Baptême et la Cène du Seigneur.

Quant aux cinq autres communément appelés sacrements, c'est-à-dire la Confirmation, la Pénitence, l'Ordre, le Mariage

et l'Extrême-Onction, ils ne doivent pas être mis au nombre des sacrements de l'Evangile. Ils sont sortis, les uns, d'une fausse imitation des Apôtres, les autres sont des états de vie autorisés dans les Écritures; toutefois, ils n'ont pas la même nature de sacrements que le baptême et la Cène, parce qu'ils n'ont pas de signe visible ni de rite institué par Dieu.

Les Sacrements n'ont pas été institués par Dieu pour être contemplés et transportés, mais pour que nous en usions comme il convient. Ils n'ont un effet salutaire et ils n'opèrent qu'en ceux qui les reçoivent dignement; mais ceux qui les reçoivent indignement achètent leur damnation, comme dit saint Paul.

XXVI. L'indignité du ministre n empêche pas l'effet du sacrement.

Quoique dans l'Église visible le mal soit toujours mêlé au bien, quoique le mal ait parfois l'autorité principale dans la dispensation de la Parole et des Sacrements, cependant, comme les ministres n'agissent pas en leur propre nom, mais au nom du Christ, et qu'ils exercent leur ministère par sa délégation et s on autorité, nous pouvons recourir à leur ministère pour entendre la parole de Dieu comme pour recevoir les Sacrements. L'effet de l'institution du Christ n'est pas enlevé par la méchanceté des ministres, et la grâce des dons de Dieu n'est pas amoindrie pour ceux qui reçoivent de ces ministres, avec foi et droiture, les Sacrements qui leur sont administrés; ces Sacrements conservent leur effet à cause de l'institution et de la promesse du Christ, quoiqu'ils soient dispensés par des hommes méchants.

Néanmoins il convient, pour la discipline de l'Église du Christ, qu'on recherche les mauvais ministres et qu'ils soient accusés par ceux qui ont connaissance de leurs fautes; et enfin s'ils sont reconnus coupables, qu'ils soient déposés par un jugement plein de justice.

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