‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 3 sur 253 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Le présent travail commence au début du règne de Henri VIII, en 1509, et s'arrête, en 1571, à la treizième année de celui d'Elisabeth. Ces limites m'ont été imposées par le sujet que j'ai entrepris de traiter.

Il était nécessaire d'éclairer le grand fait de la rupture des relations entre le Saint-Siège et l'Angleterre par l'étude sommaire des doctrines et le récit des nombreux incidents qui l'ont préparé* Cette rupture se produit dès l'année 1534. Mais Henri VIII, qui l'imposa de force à ses sujets, se contente de se substituer au pape dans le gouvernement de l'Eglise d'Angleterre. Jusqu'à sa mort, arrivée en 1547, il s'acharne, malgré quelques tendresses passagères à l'égard des luthériens, à faire figure de prince orthodoxe et conserve jalousement tous les dogmes catholiques, moins celui de la primauté du Saint-Siège.

Sous le gouvernement de son fils, Edouard VI (1547-1552), l'Église d'Angleterre se met à l'école des luthériens, puis des calvinistes; elle accepte,

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dans une hâte un peu fébrile, l'essentiel de leurs formulaires dogmatiques, de leurs prescriptions liturgiques et disciplinaires.

La mort du jeune roi interrompt brusquement ce travail d'organisation. La reine Marie (1552-1558) ramène l'Eglise d'Angleterre à, ses traditions séculaires en la réconciliant avec le Saint-Siège. Elle disparaît, à son tour, avant d'avoir pu rendre durable son œuvre de restauration catholique.

Sa sœur, Elisabeth, secondée par des ministres habiles et des évêques choisis parmi les adversaires déclarés du Saint-Siège, reprend les desseins d'Edouard VI. Son action, qu'aucun scrupule moral ou religieux n'arrête, est si habile que les princes catholiques du continent ne lui retirent pas leur appui. Enfin, en 1571, le pape, las d'être joué, excommunie solennellement Elisabeth qui se venge en faisant voter par son parlement des lois sanglantes contre ceux de ses sujets qui restent attachés à Rome. A cette date, le Livre de la commune prière et les XXXIX articles de religion ont reçu la sanction du clergé et du parlement. Ces deux documents donnent à l'Eglise nouvelle tous ses organes essentiels; un formulaire doctrinal, des prescriptions liturgiques et disciplinaires, un chef suprême (huis la personne du souverain de l'État. L'Eglise anglicane est fondée : l'histoire de ses origines peut s'arrêter en

Les événements qui ont amené la ruine du ca-

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tholicisme en Angleterre et la formation si lente et si laborieuse de l'Eglise anglicane, ne sont pas très connus, particulièrement en France. C'esl pourquoi, il eût été prématuré d'orienter mon travail dans le sens, soit d'une apologétique en faveur de l'Eglise catholique, soit d'une dissertation approfondie sur les origines doctrinales du schisme, avant que les faits eux-mêmes, qui se sont déroulés entre les années 1509 et 1571, eussent été mis en lumière. J'ai simplement cherché à donner un récit impartial, clair et puisé aux bonnes sources, d'unepériodede l'histoire religieuse qui est très attachante. J'ai indiqué, dans une bibliographie générale et en tête de chaque chapitre, les principales sources qui m'ont servi à constituer ce récit. J'ai renoncé à justifier chaque assertion ou chaque fait par l'indication, au bas des pages, des documents qui les contiennent; le volume aurait été augmenté d'un quart et la lecture en aurait été par trop pénible. Je renvoie aux sources quand il s'agit d'un fait controversé ou important, texte de loi, proclamation, etc., d'un détail intéressant, pittoresque ou qui a une apparence d'invraisemblance. C'est une demi-mesure qui, je ne saurai me le dissimuler, prête à la critique. Afin d'en atténuer les inconvénients, j'ai souvent cité les divers calendars qui ont fourni la base essentielle de ce travail et j'ai taché, en donnant des indications bibliographiques précises, de faciliter au lecteur la consultation des sources

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M. l'abbé P. Franc, mon ami et mon collègue au Petit Séminaire de Paris, Saint-Nicolas du Chardonnet, a bien voulu revoir les épreuves de ce livre et dresser la table des noms propres. Qu'il reçoive ici l'expression de ma reconnaissance.

Paris, 1er mars 1908.

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