L'attitude du parlement
Le parlement qui se réunit au mois de novembre de Tannée 1529, et siégea, avec des vacances plus ou moins prolongées, jusqu'au 4 avril 1536, est célèbre dans l'histoire d'Angleterre. Elu sous l'influence directe du roi, il était composé en majorité de ses créatures, s'il faut en croire les témoignages plusieurs fois répétés de Chappuys et de l'ambassadeur vénitien *. Au reste, les actes de l'assemblée suffiraient à prou-
BIBLIOGRAPHIE. — Documents : Lclters and papers, Henri VIII, t. IV et V. — Calendar of State papers, Spanish, t. IV. — Gee and Hardy, Documents illustrative of the history of the English ChurcJi. — Wilkins, Concilia, t.'IH, pp. 72'*-G, 7'r2-i, 7i8-9. — Hall, Chronicle. — IIymer, Fœdcra, t. VI. Atterrury, Rights, powers, and privilèges of an English Convocation, 2e éd., Londres, 4701, appendix IV, V, VI. Il est parfois difficile de mettre d'accord AVilkins et Atterbury. Nighols, Narratives of the Reformation. Les lois les plus importantes se trouvent dans Gee et Hardy, Documents, où il est plus facile de les consulter (lue dans le recueil des lois.
Livres : Les articles sur Fisher et Reginald Pôle dans le Dictionary <>f English Biography. — Dixon, History, t. I; Friedman, Anne Boleyn, t. I. p. 142.
i. Cal. of State papers, Venctian, t. IV, n° 694. Rapport Palier à la Seigneurie, 10 dot. 1531. « Dans tous ses actes le parlement De désobéit jamais à la volonté du roi et du Conseil privé qui décident de chaque chose comme il leur plaît. »
L'ATTITUDE DU PARLEMENT. 7i
ver quel instrument docile elle fut, malgré certaines velléités de résistance, aux mains du plus capricieux et du moins scrupuleux des rois. Elle inaugura ses travaux par le vote d'une loi déchargeant le souverain de l'obligation de payer ses dettes qui se montaient à peu près à 150.000 livres sterling 4,
Les députés des Communes et les Lords tinrent leur première séance en présence du roi, le 3 novembre ir>29, dans l'église des Blackfriars. Le nouveau chancelier, c'était Thomas More, fît son entrée entre les ducs de Norfolk et de Suffolk dont l'influence et les intrigues avaient amené la chute de Wolsey. Il prononça un discours sur lequel les historiens n'ont pas réussi à se mettre d'accord : les uns soutiennent que More fit le procès de son prédécesseur : d'autres assurent qu'il rendit noblement justice à ses qualités. Comme il n'existait pas, à cette époque, de compte rendu officiel des débats parlementaires, il n'est guère possible d'arriver à la certitude sur ce point d'histoire qui, de fort petite importance en lui-même, serait intéressant pour l'étude du caractère de More.
La session commença réellement, le 9 novembre, à Westminster. A la première séance, on déposa plusieurs projets de loi pour « la réforme de l'Église »2. Le plus important de ces projets visait à une transformation complète des tribunaux ecclésiastiques ; on fit grand bruit de la déposition d'un député qui affirma avoir dépensé une somme très importante pour prouver, devant une de ces Cours, l'authenticité d'un testament. Un autre projet abaissait les frais d'enterrement ; un troisième défendait aux curés, aux intendants des