‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 53 sur 253 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

I. — Le couronnement d'Anne Boleyn et la loi interdisant tout appel au Saint-Siège.

Le 31 mai 1531, une députation de lords etd'évêques avait, sur Tordre du roi, rendu visite à Catherine pour lui représenter que son époux était très ennuyé de Tappel qu'elle avait adressé à Rome au sujet de son divorce et qu'il lui demandait d'accepter que l'affaire fût jugée entre eux, par des arbitres choisis d'un commun accord. La reine répondit avec dignité aux remarques indécentes de quelques-uns des envoyés, ajoutant qu'elle avait le droit, après avoir tant souffert, de demander une sentence définitive. La délégation se retira, sans avoir rien obtenu. Jusque-là, malgré le différend qui les divisait, les deux époux se visitaient

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t. Y, Vï. VII. — Calendar of State papers, Spanish, t. V. — Calendar of

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t. III.

Du Bellay, Mémoire des points que M. du Bellay, evesque de Pari*. aura à toucher au Roy d'Anglclerre, pour imputer aux ministres 'l'Angleterre la rupture de la négociation poursuivie par François I " vers le pape, pour le Roy d'Angleterre, Bibl. nat., Manuscrits Dupuis 33. Traduction anglaise dans Lettcrs and papers, Henry VIII, t. VI. n° 157-2. Rymer, Fœdera, t. VI.

Livres : Friedman, Anne Boleyn, t. I. — J. Trésal, Les responsabilités de la France dans le schisme anglican dans la Revue des Questions historiques, avril 1906.

tous les deux jours. C'est le 14 juillet 1531 qu'ils se virent pour la dernière fois, à Windsor, où se trouvait la cour. Le lendemain, Henri partit de grand matin pour "Woodstock en signifiant à Catherine l'ordre de ne pas le rejoindre et il répondit durement à une lettre toute pleine de larmes qu'elle lui écrivit quelques jours après.

La reine était désormais complètement isolée. L'ambassadeur d'Espagne, Chappuys, restait son unique conseiller. Un mois après la séparation, le roi la fit avertir qu'elle eût à quitter le château de Windsor parce qu'il se proposait d'y venir chasser. Catherine refusa net, conservant cette dignité ferme dont elle ne se départit jamais durant ses années d'épreuves.

Cette noble attitude et le long dévouement de la reine envers son mari lui avaient acquis les sympathies du petit peuple de Londres qui ne se faisait pas faute de jeter des injures à la face d'Anne Boleyn. Aux Communes, un député osa proposer de refuser au roi les crédits nécessaires à une expédition contre les Écossais. Si le souverain veut triompher de ses ennemis, dit-il, qu'il reprenne son épouse légitime. La chambre repoussa le subside demandé. Le jour de Pâques 1532, William Peto 1, provincial des franciscains, prêchant devant Henri VIII, l'adjura d'effacer les scandales de sa vie et établit fortement la validité de son mariage. Le dimanche suivant, Cunven fit, en présence du prince dont il était chapelain, l'apologie de son maître et accabla d'injures le courageux provincial. Le prédicateur regrettait qu'il ne fût point là pour lui répondre; un autre franciscain se leva et prit chaleureusement la défense de son supérieur. Comme un des familiers du roi le menaçait de le faire jeter à la Tamise, cousu dans un sac, le frère Estowe trouva celte

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