Statutes of the realm,*Q, Henry VIII, chap. xm, p
sonne du souverain, de la reine et de leurs héritiers apparents; s'exercer à causer ce dommage ou essayer de le causer, ou de dépouiller n'importe lequel d'entre eux de leur dignité, titre, ou de publier et de proclamer avec malice par des paroles ou des écrits formels, que le roi est hérétique, schismatique, infidèle », etc.
Le mot avec malice, revient à deux reprises dans ce paragraphe qu'il est malaisé de rendre littéralement en français. Il avait été introduit par les députés, qui avaient voulu soustraire aux terribles châtiments du crime de haute trahison les paroles dites par mégarde ou celles dites avec modération et sans dessein séditieux dans le seul dessein d'énoncer une conviction intime. Fisher et More essayèrent d'échapper à la mort en utilisant cette restriction. Tous deux refusèrent, avant leur condamnation, de dire un mot qui pût être interprété comme la négation d'un titre royal ; ils gardèrent un silence prudent qui aurait dû les sauver. Mais la restriction ajoutée par le parlement fut vaine, car les juges, non seulement admirent que toutes les paroles prononcées contre le roi étaient nécessairement prononcées avec malice, mais ils déclarèrent que le silence même était toujours injurieux pour le souverain et équivalait à un refus.
On comprend maintenant comment, sous la « Terreur anglaise », les martyrs furent condamnés, même quand ils n'avaient pas laissé échapper une parole contre leur souverain, sous l'inculpation légale de haute trahison.
Les chartreux de Londres avaient prêté le serment qu'on leur demandait, en y ajoutant la restriction. « autant que le permet la loi de Dieu ». Cette concession, en sauvant pour quelques mois sa maison, avait laisse des inquiétudes dans l'âme du prieur, le père Houghton. Il ont bientôt l'occasion de montrer qu'il
n'était pas homme à reculer devant un devoir de conscience clair et précis.
Deux de ses frères en religion, Robert Laurence. prieur de Beauval, et Augustin Webster, prieur d'Axholme, étaient venus lui faire visite. Ils se rendirent ensemble auprès de Cromwell pour lui demander de ne pas inquiéter à nouveau leurs religieux. L'entretien porta bientôt sur les questions de théologie qui divisaient l'Angleterre- Houghton dit à Cromwell : « Lorsque Jésus-Christ dit en présence de ses disciples : « Je te donnerai les clefs du royaume des deux », il s'adressa d'abord à Pierre, puis, dans sa personne, aux onze apôtres, et par eux aux papes et aux évêques leurs successeurs. Comment voulez-vous que le roi, simple laïque, soit chef de l'Eglise en Angleterre? »
Quelques heures plus tard, dans cette même journée du 13 avril 1535, les trois chartreux pénétraient dans la Tour par la porte des traîtres. C'était la réponse du ministre à la question du prieur. Les juges de la cour des Rôles déclarèrent à l'unanimité qu'il n'y avait pas de raison de retenir les deux compagnons du père Houghton. Mais Cromwell fit procéder sans délai à leur interrogatoire '.
« A cette question : Reconnaissez-vous le roi pour chef suprême de l'Église d'Angleterre, appelée Église anglicane, et vous engagez-vous, conformément à la lettre du statut, à n'accepter aucune autorité ici-bas, hormis celle de Dieu?
« Robert Laurence déclare qu'il ne peut admettre la suprématie du roi d'Angleterre, telle qu'elle est formulée dans le statut.
« Augustin Webster répond dans le même sens. »
Les deux prieurs furent ramenés à la Tour, où ve-