‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 73 sur 253 · Letters and papers, Henry VIII, t. VIII, n · texte numérisé non relu

Letters and papers, Henry VIII, t. VIII, n

nait d'arriver un religieux éminent du monastère de Léon, Richard Reynolds, qui partagera désormais le sort des Chartreux.

A quelques jours de là, Cromwell et ses assesseurs visitèrent les prisonniers et discutèrent longuement sur l'autorité du Pape. Le résultat de l'entrevue est consigné dans les papiers d'Etat ^ :

« Jean Houghton déclare qu'il ne peut reconnaître le roi, notre souverain, comme chef suprême de l'Eglise d'Angleterre, au-dessus des apôtres de l'Église de Jésus-Christ.

« Robert Laurence affirme qu'il n'y a qu'une seule Église catholique, d'institution divine, sous l'autorité de l'évêque de Rome. 11 refuse, en conséquence, d'accepter la suprématie royale.

« Augustin Webster prétend que le chef de l'Église est, non pas le roi, notre souverain seigneur, mais l'évêque de Rome, c'est-à-dire celui qui a été proclamé tel par les docteurs Ambroise, Jérôme, Augustin et le concile de Baie.

« Richard Reynolds dit qu'il n'en veut nullement à Sa Majesté, qu'il donnerait son sang pour le chef de l'Eglise, mais que le roi n'est pas ce chef. »

Les accusés comparurent, le 27, devant le jury de Westminster, sousl'inculpation du crime de haute trahison. Le tribunal parut d'abord hésiter, puis, sous la pression de Cromwell, il admit la culpabilité des trois chartreux.

Reynolds fut interrogé à part. « Pourquoi, lui demanda le chancelier Audley, persistez-vous à soutenir une opinion contre laquelle s'est prononcée la majorité du parlement et du pays ? »

« J'affirme, répondit le religieux, que mon sentiment.

Page 1