‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 89 sur 253 · Statutes, l'6t(f.,Ch. xxmii, pp. 5G · texte numérisé non relu

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204 seulement reçurent une libéralité pendant les premières années.

Après avoir fixé l'état du personnel, les commissaires interdisaient au supérieur de recevoir les loyers et de dépenser plus d'argent que l'entretien de la communauté n'en exigeait jusqu'au jour où il serait informé définitivement du bon plaisir du roi. Ils prescrivaient de continuer à veiller sur les terres, de semer et de labourer comme auparavant, jusqu'au moment où un fermier du roi prendrait la charge des biens. Avant de se retirer, ils dressaient l'inventaire de tous les joyaux, de toute l'argenterie et des biens mobiliers et immobiliers appartenant à la maison à la date du 1er mars 1536. L'œuvre de destruction commença aussitôt.

Le spectacle en fut épargné à Catherine qui était morte le 7 janvier 1536 à Kimbolton k . La nouvelle de sa mort avait causé à Henri VIII une satisfaction qu'il ne prit pas la peine de cacher : « Dieu soit béni, dit-il, nous sommes maintenant débarrassés de toute crainte de guerre! » Le lendemain, il s'habilla en jaune et dansa avec les dames de la cour. Le roi avait de bonnes raisons de se réjouir. Catherine vivante, Charles-Quint, malgré son égoïsme et la dureté de son cœur, pouvait toujours être amené par les retours de la politique à venger l'honneur de sa tante, la morale publique outragée et à imposer le respect des décisions de l'Eglise. Catherine morte, tout danger disparaissait.

Sa rivale ne lui survécut que peu de mois. Depuis longtemps Henri VIII était fatigué d'une épouse qu'il n'avait jamais réellement respectée. On avait remarqué, vers cette époque, qu'il ne lui avait pas adressé dix

\. Lettersandpapers, Henry VIII, t. X, n°» 38 et 39, organisation des funérailles de la reine, n° 40, son testament, n° 59, sa mort racontée par Chappuys à Charles-Quint.

fois la parole dans l'espace de trois mois. A la suite d'un tournoi, en mai 1536, elle fut brusquement arrêtée et conduite à la Tour. La malheureuse femme était accusée d'inceste avec son frère, lord Rochford, etd'adultère avec quatre autres personnes qui furent également emprisonnées. Elle fut jugée et condamnée par un tribunal de vingt-six pairs, présidé par son oncle Norfolk. Le bourreau lui trancha la tête, le 19 mai* ; les autres accusés avaient été condamnés trois jours avant elle ; Fun d'eux, sous la menace de la torture, avait fait des aveux. Ainsi le sort de la reine avait été réglé avant le jour du jugement. Mais Anne Boleyn était si impopulaire que l'opinion publique acceptait facilement toutes les accusations contre elle.

Le jour même de son exécution, Cranmer accorda au roi l'autorisation d'épouser Jane Seymour. Henri avait arrangé ce mariage avantl'arrestation d'Anne Boleyn. Ils furent fiancés le 20 et mariés le 30. Cranmer. aussitôt après la condamnation d'Anne, avait été désigné parle roi pour recevDir la confession de la reine. Il se procura par là le moyen de déclarer, le lendemain, dans son palais de Lambeth. en présence de plusieurs membres du conseil, que le mariage entre le roi et Anne avait été nul dès le début2. La sentence fut approuvée le 28 juin par les deux Assemblées du clergé. Tous les Anglais avaient été obligés, trois ans auparavant, d'accepter ce mariage. Maintenant ils étaient également obligés d'admettre, sans un mot d'explication, que ce mariage avait été nul dès le début Cette

1. Lctters andpapers, Henry VIII, t. X, nos 784, 79-2, 703, 7«)7, 19*, arrestation d'Anne; n° 808, sa lettre à Henri VIII; n° 848, jugement de ses complices; n° 876 et 908, son jugement et celui de son frère; n°" 909, MO, 911, son exécution.

2. Le cas de nullité mis en avant par Cranmer a pu être la liaison ancienne d'Henri avec la sœur d'Anne Boleyn ou le mariage consenti parcelle-ci avec le comte deNorthumberland. Quoi qu'il en soit, il parut préférable de ne donner aucune explication.

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