‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 93 sur 253 · Ibid., nos · texte numérisé non relu

Ibid., nos

sorte d'assemblée du clergé pour savoir de leurs prêtres si la réponse du roi était satisfaisante en ce qui touchait à la religion. Le vieux fonctionnaire royal qu'était l'archevêque fut pris de peur. Il ne voulut pas présider l'assemblée, mais, le dimanches, il fit un sermon dans l'église paroissiale et déclara que, le roi ayant sauvegardé la foi, il n'y avait pas lieu de s'alarmer, que d'ailleurs, il n'était jamais permis de prendre les armes contre l'autorité du souverain. L'archevêque fut malmené par ses auditeurs mécontents et le clergé vota une série d'articles qui repoussaient, comme illégale, toute la législation d'Henri VIII dans le domaine ecclésiastique.

Aske présenta ces articles au duc de iNorfolk. Celuici promit le pardon royal aux insurgés et qu'un parlement du nord serait prochainement réuni pour discuter toutes les demandes ; il donna l'ordre de veiller à l'entretien des moines et religieuses chassés de leurs couvents. Aske et ses amis se déclarèrent satisfaits des promesses du noble duc. Ils avaient appelé leur soulèvement le « pèlerinage de grâce » ; ils déchirèrent leur bannière des cinq plaies, déclarant qu'ils ne voulaient pas d'autre drapeau que celui de leur roi.

Aske, simple et loyal, s'était rendu à la cour et Henri l'avait entièrement conquis. Confiant dans la parole de son souverain, l'ancien chef des rebelles s'efforçait de persuader à ses compatriotes que le roi allait réunir un parlement à York. La nouvelle reine, Jane Scymour, y serait couronnée, et leurs plaintes seraient écoutées. Le gouvernement ne tint aucun compte des promesses de Norfolk ; les ministres dirigeaient sans bruit des troupes vers le nord; aucune date n'était proposée pour l'ouverture du parlement promis; le pardon royal était accordé individuellement et aux seuls insurgés qui reconnaissaient le roi

Page 1