‹ Les origines du sénat romain:Chapitre 107 sur 116 · INSCRIPTION DANS LES CURIES DES SÉNATEURS ET DES CHEVALIERS · texte numérisé non relu

INSCRIPTION DANS LES CURIES DES SÉNATEURS ET DES CHEVALIERS

(puXi^ dans le passage en question. S*il en est ainsi, il n'y a plus à rechercher le sens du mot X^^oç : il représente la subdivision de la tribu primitive, c'est-à-dire la curie.

Denys décrivait l'organisation qu'il avait sous les yeux , mais était-elle la môme que sous la république? Tous les chevaliers equo publico étaient-ils dès lors constitués en six groupes répondant aux sir demi-tribus, et par suite aux trente curies? On peut le demander avec d'autant plus de raison que la fusion des douze centuries avec les six premières et la répartition de tout le corps équestre en six turmes paraissent avoir été l'œuvre d'Auguste (1). Or, les six premières centuries étaient les seules qui évoquassent l'image de la cité patricienne. Les douze autres, instituées sans la consécration des augures, ouvertes à la plèbe et faites pour elle, avaient un caractère et reposaient sur un principe tout différents (2). On a vu déplus que le désaccord politique entre ces deux fractions de la chevalerie equo publico était encore très marqué dans les comices centuriates en 585 u. c. = 169 (3). Néanmoins les chevaliers de l'une et de l'autre catégorie figuraient ensemble dans les tribus primitives et les curies , et paraissaient ain§i distribués dans les cérémonies publiques. C'est la conclusion qui ressort d'un autre passage de Denys d'où l'on peut tirer quelque lumière sur le sens du mot Uyoq dans le précédent. Il s'agit encore de la fête des ides de juillet, mais telle qu'elle se célébrait au temps de la deuxième guerre punique, car cette fois Denys cite l'annaliste Fabius Pictor, un contemporain d'Hannibal. Il décrit une autre partie de la fête, la procession militaire des jeunes Romains : a En tête du cortège s'avançaient les fils des Romains, les

les X6xoi, ces douze centuries ne sont mentionnées nulle part, après la réorganisation de la chevalerie par Auguste. Les vers d'Horace qui opposent les goûts des centurix seniorum à ceux des Ramnes {Ars poet., 342), confirment simplement un fait déjà connu, la désertion des centuries équestres par les seniores et le passage de ceux-ci dans les centuries de la première classe (V. p. 93). Il n'y avait pas depuis Auguste d'autres chevaliers equo publico que ceux qui figuraient dans les turmes. Suétone dit d'Auguste : « turmas eG|uitum recognovit. » {Aug,, 38). Or, l'on sait que l'opération de \&recognitio s'appliquait à tous les chevaliers equo publico. M. Hirschfeld soutient aussi que le mot <p\j\ii avait en grec le sens d'escadron, que par conséquent, il ne rappelle en rien la tribu primitive. Mais le rapport entre la turme et cette tribu résulte moins encore de l'emploi de ce mot que de l'organisation même de Tordre équestre et du nombre môme des turmes.

(1) V. p. 94, et Belot* Cheval, rom,^ II, p. 401, etc.

(2) V. 1° partie, ch. III, § 4, et ch. IV, § 4.

(3) V. p. 67, etc.

S \jtij y

adolescents en âge de participer aux fêtes. Ceux dont les pères avaient le cens équestre étaient à cheval , ceux qui devaient servir dans rinfauterie étaient à pied, les premiers rangés par tribus et par curies a xaT* ÏXaç Te xal xaTi Xd^ouç, » les autres par classes et par centuries « xaTi (ruîxfiLopiaç re xal tolIik; (1). » On sera frappé de l'analogie que présenle cette expression : a xat' tXaç te xal xaxi Xoxouç » avec celle dont le même historien s*est servi ailleurs pour décrire le cortège des chevaliers, surtout si Ton considère l'identité de ces deux mots, tkr\ et <[>uX^ qui désignent Tun et Tautre la turme correspondant à la demi-tribu primitive. Mais le sens de cette expression est encore mieux accusé par celle qui lui est opposée. De môme en efTet que la classe {(rufAfiiopCa) doit s'opposer à la tribu ou turme, de même la centurie (TaÇiç) doit s'opposer à la curie (Xox.oç)' ^^ est certain que le mot raÇiç n*a pas dans Denys de sens très arrêté. Mais le doute n'est pas possible dans ce cas particulier, car il représente la subdivision de la classe (dufiifjLopCa), et cette subdivision était la centurie. D'autre part, puisque le mot xàÇtç veut dire centurie, le mot XcJxoç, qui lui est opposé, ne peut pas [s'entendre de la même içanière, bien que ce sens lui soit très ordinaire. On le traduira donc par le mot curie, ce deuxième sens, que Denys lui attribue d'ailleurs dans un texte significatif (2), étant ici amené aussi naturellement par le mot ÎXt) que celui de centurie l'est pour le mot Tdi?iç par le mot orufA^Lopia. Si cette interprétation est exacte, on voit que les six turmes de l'empire existaient déjà sous la république, avant la fusion des six et des douze centuries. Les chevaliers des deux catégories se distinguaient dans, l'assemblée centuriate , mais ils se confondaient dans les cérémonies où l'ordre se montrait en public, dans celle de la recognitiOy où ils défilaient un à un suivant la série des trente-cinq [tribus locales , et dans celle de la transvectio où ils se groupaient distribués dans les trois tribus primitives et dans les trente curies.

Il résulte de la description empruntée par Denys à Fabius Pictor une conséquence plus étendue : c'est que les curies comprenaient aussi les chevaliers qui n'étaient pas equo publico. Denys oppose les jeunes gens dont les pères possédaient le cens équestre et qui paradaient à cheval , à ceux qui devaient un jour servir

(1) Vil , 72.

(2) II, 7 : c... etT) ô'âv *£XXà8i i\(atv^ xà àv6(i.aTa TaOra (JL60ep(i.Y)veuQ(i6va çuX^ (làv xal TptTtùç V) TpC6ouc, çpàxpa ôè xal Xoxoç V) xoup(a, xat tôv àvSpâv ol (làv xàç tc5v TpC6(i>v V)Ye{Aoviac l)(o>ixti 90XapxoC te xal TptTxuapxoi, ôùç xaXoOat Pa)(i.aToi Tpi6ovvou; • ot 8è Tatc xoupCaïc è9e(jTYix6TÊ; xal 9paTpiàpxoi xal Xo/ayol, o\Iç èxetvoi xoup(a>vac ovo(i,à2Iov(Ti. »

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