‹ Les origines du sénat romain:Chapitre 89 sur 116 · IV. — La populati07i du Quirinal et du Viminal. — Si elle · texte numérisé non relu

IV. — La populati07i du Quirinal et du Viminal. — Si elle

formait une ville indépendante.

S'il est douteux que la ville du Quirinal ait été sabine, est-il sûr, du moins, que cette ville ait existé ?

On trouve à cela de grandes difficultés. D'abord la situation du vieux Gapitole sur le Quirinal (3). Ce boulevard de la Rome du Septimontium se serait donc trouvé égaré au milieu d'une ville étrangère, et au besoin ennemie. On peut soutenir, il est vrai, quecette citadelle était celle du Quirinal, et non du Septimontium. On peut supposer aussi que, placée sur la pointe extrême du Quirinal, elle figurait un avant-poste poussé par les Montani contre lesCollini (4). Mais que penser de ce nom de Gollis qui, à parler exactement, n'en est pas un, et ne rappelle en rien le souvenir

(1) Les Claudii et les Valerii (?). V. sur ces derniers Pauly, Encykl., VI, p. 2322. Quand Niebuhr prétend que les Fabii étaient Sabins parce qu'ils habitaient sur le Quirinal , il fait un cercle vicieux {Hist. rom,^ trad. Golbéry, II , p. 15, n. 24.) Les Fasti Hisp., donnent à K. Fabius cons. en 273 u. o. := 481 le cognomen Sabinus, mais est-ce une raison ? V. plus loin le paragraphe relatif aux. cognomina patriciens formés avec des noms de lieux.

(2) Notamment par Ihne, o. c. , et Zœller, Latium und Rom.

(3) Becker, Aller th., 1, p. 577-578.

(4) Elle était voisine de la colline Latiaris , dont il a été question plus haut (p. 222 , n. 5). V. Becker, tbtd., p. 578.

d'un établissement quelconque, encore moins d'une ville proprement dite, d'un centre politique et religieux (1)? Niebuhr sentait la force de cette objection et il allait au-devant avec sa ville de Quirium (2). Qui prétendra cependant qu'il y ait répondu ?

Quand on examine de près les preuves sur lesquelles on se fonde pour affirmer l'existence de la ville du Quirinal, on s'aperçoit bientôt qu'elles se réduisent, elles aussi, à une seule. La légende de Titus Tatius ne compte pas (3). L'hypothèse de Niebuhr au sujet du Janus Geminus est abandonnée par les plus fervents partisans de la théorie des deux villes. On sait en quoi elle consiste. La double porte Janualis, avec la statue de Janus bifrons ou geminus j ouverte, depuis Numa, pendant la guerre, et fermée pendant la paix, devient l'ancienne porte de communication établie entre les gens du Palatin et ceux du Quirinal, depuis qu'ils ont cessé d'être ennemis pour former deux cités indépendantes mais alliées. Ce passage est libre en temps de guerre, afin qu'elles puissent se prêter un appui réciproque ; il est barré dans les circonstances ordinaires, soit pour empêcher des relations trop fréquentes qui pourraient compromettre les bons rapports, soit pour exprimer symboliquement ce caractère d'un Etat où la dualité ne nuit pas à l'unité (4). Cette explication ne vaut pas, dans sa subtilité, celle d'Ovide, pour qui la porte était ouverte afin d'ofifrir un refuge aux soldats en campagne, et fermée afin de prévenir une surprise en temps de paix (5). Mais la vérité, déjà mise en lumière par M. Becker, c'est d'abord que la porte Janualis, étant tournée de l'est à l'ouest, ne faisait pas communiquer le Quirinal et le

(1) Le nom de CoUis Agonus ou Âgonius a, peut-être, en effet, ainsi que le pense Festus (p. 254. Cf. Paul Diac, p. 10, et Denys, II, 37). précédé celui de Quirinalis, mais ce n'est pas un nom de ville, et d'ailleurs, il n'est pas antérieur à la fondation du collège des Salii GoUini, c'est-à-dire à l'annexion de la Colline par les Tarquins. Il provient de l'épithète AgonaleSt Âgonenses, donnée quelquefois aux Salii Collini (Denys , II , 70. Varr., L. X., VI, 14), et cette épithète rappelle elle-même la fête des Agonia célébrée par les Saliens (v.^Marquardt, Staatsverto., III, p. 417, et p. 310, n. 5). Comme elle est attribuée aux Collini par opposition aux Palatini (v. Denys, II, 70), on est en droit de supposer que cette fête était célébrée exclusivement par les premiers. V. sur toute cette question Jordan, Topogr., 1, 1, p. 180. Il reste un problème qui , à notre connaissance , n'a été abordé de personne et dont la solution nous échappe : x'est de savoir pourquoi les CoUes sont opposés aux Hontes , le sens des deux mots étant ou paraissant identique.

(2) HisL rom., trad. Golbéry, I, p. 406.

(3) V. !• partie, ch. II, 8 3.

(4) Hist. rom., trad. Golbéry, I, p. 410.

(ô) Fasl., I, 111, etc.

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