CONCLUSION
civilisations ne peut plus exister. Puis, le serf se rapproche de plus en plus du reste des paysans : au milieu du malheur commun, courbés sous la même sujétion, les libres et les non libres ne diffèrent que par des nuances presque effacées, que le rétablissement de l'ordre et le retour de la prospérité ne raviveront pas. Sous la royauté capétienne, le servage ne cesse de décliner. Dans la plupart des provinces, de bonne heure on ne le voit plus nommé par les actes de toute sorte relatifs à la vie rurale. Là même où il survit, ses effets s'atténuent, et le nom demeure beaucoup plus gros que la chose. Bientôt il ne subsistera plus, çà et là, en France qu'à l'état d'exception et comme une sorte d'anachronisme. Pendant que les contrées germaniques resteront longtemps encore des pays de servage, la France, malgré tout demeurée ou redevenue latine, sera de plus en plus une terre de liberté.
A travers les innombrables vicissitudes de l'histoire, l'impulsion donnée au ix® siècle ne s'est pas arrêtée.