Bouquet, Recueil des historiens de France, t. V, p
4. Sur le commerce d'esclaves fait par les Lombards, et la manière dont ils s'approvisionuaient, voir Vétaut, Charlemagne, 1877, p. 2t'j- SKl.
la persuasion, les captifs que traînaient à leur suite les armées barbares. Sainte Bathilde, ancienne esclave qu'un caprice de la fortune a fait monter sur le trône, défend de mettre à l'encan les chrétiens, de vendre les esclaves hors des limites du royaume ; joignant l'exemple au précepte, elle rachète de ses deniers de nombreux captifs'. Elle n'est pas la seule femme qui se livre à cette œuvre de miséricorde : Euphrasie, Bertechilde, sont louées par le poète Fortunat pour leur charité envers ces malheureux. « Toi qui fais tomber leurs liens, dit-il à l'une d'elles, tu demeureras toujours libre ^. » Parole curieuse, qui fait comprendre le danger auquel tous et toutes étaient alors exposés !
Le même poète adresse à des évêques un éloge semblable. « Tu revêts les nus, écrit-il à Sidoine, évêque de Mâcon, tu détaches les chaînes des captifs, tu rends libres les cous dont tu as enlevé le joug^. » Nicetius, évêque de Trêves, a conquis le
1. « Captivos homines christianos vendere prohibuit. Deditque praeceptiones per singularium urbium regiones, ut nullus in regno Francorum captivum hominem penitus in aliud regnum Iransmitleret. Dato eliam justae remuneratiouis pretio, plurimos captivos redirai praecepit, et quosdam liberosrelaxavit, quosdam vero cumreligionis habitu sub régula in monasterio transmisit. • Vita S.Balthildis; Du Chesne, t. I, p. 1C8; Mon.Germ. hist., S. R. M., t. H, p. 495.
2. Euphrasie : « Captivis omnia fundens. » Bertechilde : « Te redimeiite pia captivivincula laxant;
Quae solvis vinctos, libéra semper eris. » Fortunat, Carmina, IV, 27 ; YI, 6.
3. « Nudos veste legis, captivis vincula solvens, Deposito reddens libéra colla jugo. »
Ibid., IX, 9. — Voir encore l'épitaphe de la noble Eugenia, qui « Captivos opibus vinclis laxavit iniquis,» et le commentaire de cette épitaphe dans E. Le Blant, Inscriptions chrétiennes de la Gaule, n° 543, t. II, 1863, p. 284-299.
ciel, dit-il, en rendant des captifs à leur patrie'. Grâce à Chronopius, évêque de Périgueux, la cité veuve a revu ses citoyens"^. Saint Césaire, évêquo d'Arles, a racheté des Ostrogoths les habitants d'Orange, et les a renvoyés chez eux en leur fournissant les moyens de transport ^. Des villes entières sont épargnées à la prière des évêques, au moment où leurs habitants allaient être vendus. Saint Salvius obtient à prix d'argent du patrice Mummole le retour d'une partie des habitants d'Albi emmenés en captivité ; touchés de ses vertus, les vainqueurs lui font présent des autres^. L'intercession de saint Eptadius décide le roi burgonde Sigismond à mettre en liberté trois mille personnes capturées d&ns xin cas tru/n du Limousin^; comme, quelques années auparavant, son père Gondebaud avait, à la prière de saint Epiphane, renvoyé plusieurs milliers de captifs ramenés dr Ligurie".
La charité des évêques s'étend aux captifs étrangers. Clovis accorde aux évêques la libération des prisonniers ecclésiastiques et laïques faits dans la guerre contre les Goths ' ; saint Eusicius décide