‹ Les origines du servage en FranceChapitre 45 sur 163 · Lex Bajuvariorum, VII · texte numérisé non relu

Lex Bajuvariorum, VII

3. Guérard, Polyptyque d'Irminon, t. I, p. -288, 289. — Eu de rares circonstances, les conciles contemporains de l'époque barbare s'inspirèrent des mêmes idées : le premier concile d'Orléans, en 511, déclare, dans son 2« canon, qu'en cas de rapt, le coupable deviendra l'esclave de la femme outragée, ou se rachètera de l'esclavage ; et, par son ti' canon, le troisième concile de Tolède, en 589, condamne à être vendues les femmes qui habiteraient sous le toit d'un clerc. Sur le canon d'Orléans, voir la note de dom Ledercq, dans sa traduction de l'Histoire des conciles d'Helele, t. II, 2» partie, 1908, p. 1009. — A part ces cas exceptionnels, les conciles tenus aux vi» et vn« siècles, particulièrement en Gaule et en Espagne, sont en réaction contre les principes du droit barbare relatifs à l'esclavage; voir dans mon livre : Esclaves, serfs et rnainmorlables, le chapitre xi : Influence des conciles de l'époque barbare sur la condition des esclaves et des serfs, et dans mon article Esclavage du Dictionnaire d'apologétique, V" fascicule, le paragraphe intitulé : L'esclavage et les conciles à l'époque barbare {col. 148a-liyo).

ÉPOQUE DES INVASIOiNS. 65

Sa pudeur, il faut le reconnaître, est en certains cas mieux protégée; mais sa vie, que le droit romain avait rendue non moins inviolable que celle de l'homme libre, redevient presque partout la chose du maître; des supplices atroces, tels que celui du feu * , celui de la castration '^, si formellement interdite par Domitien, Hadrien, Constantin et Justinien, sont prononcés contre lui ; la tache de sa condition servlle, que la manumission effaçait complètement dans le dernier état du droit romain, devient de nouveau indélébile, et ne disparaît point même quand l'affranchi s'est élevé par son mérite à de hautes dignités ; le mariage de l'esclave est entouré de mille entraves, et sans cesse exposé à devenir un délit; celui de l'affranchi, que Justinien autorisait même avec les personnes du plus haut rang, n'est plus permis qu'avec les personnes de sa classe.

Les invasions suppriment ainsi, brusquement, les résultats favorables à l'esclave que plusieurs siècles de philosophie et de christianisme avaient créés : elles anéantissent le progrès législatif dont il avait profité. Au moment où ses fers, usés par le frottement des idées, semblaient près de se détacher, la rude main des Barbares vient les river plus étroitement que jamais à son cou et à son poignet.

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