‹ Les origines du style gothique en BrabantChapitre 40 sur 55 · PILIERS ET SOUTIENS · texte numérisé non relu

PILIERS ET SOUTIENS

Aucun détail d'architecture n'ofiPre, en Brabant, autant d'uniformité que le soutien isolé. Seul, le pilier carré appareillé s'y rencontre, et ses détails diffèrent à peine d'une église à une autre.

Presque partout les piliers ont le plan exactement carré, ce sont des CctractèreS massifs oblongs à Eppeghem (fig. i63), Neerheylissem (fig. 120) et généraux. Mousty (fig. ] 75). La forme oblongue se voit aussi au transept de Gossoncourt (fig. 117)- Ailleurs, pour supporter les arcades de la croisée, on fait usage de piles cruciformes régulières ou irrégulières : Bierbeek (fig. 87), Mousty (fig. 175), Orp-le-Grand (fig. ]33) et Nivelles (fig. 186). A l'église du Parc seulement, nous rencontrons des piliers accostés de pilastres et de colonnettes. C'est parce qu'on y trouve des voûtes sur les bas-côtés (fig. 60).

II y a des piliers, comme très probablement ceux de Mousty et de Tourinne-la-Grosse l'étaient originairement, qui n'ont ni bases ni impostes. Un nombre plus considérable portent des impostes, mais manquent de base : Nivelles (fig. 188), Berthem (fig. 32), Sainte-Vérone (fig. 39), Héverlé, Hérent (fig. 80), "Watermael (fig. 173), Saventhem (fig. 145), Bierbeek, etc., sont dans ce cas. C'est, à vrai dire, la forme ordinaire, car on ne rencontre de piliers pourvus de bases et de chapiteaux qu'à Vossem (fig. 52), Parc, Eppeghem et Saint-Quentin (fig. 24). D'autre part, les piliers de Neerheylissem ont des bases, mais pas de tailloirs (fig. 1 22). Parmi les impostes on peut distinguer deux espèces : ceux qui sont saillants sur les quatre côtés à la fois et ceux qui se profilent seulement du côté des arcades. A ce dernier type, moins fréquent chez nous, appartiennent Nivelles, Héverlé, Watermael (fig. 173). Les profils sont, en général, très simples. Dans les édifices les plus grossiers, comme Watermael (fig. 171), Berthem et Vieux-Héverlé, on en voit dont les arêtes inférieures sont simplement chanfreinées ; dans la forme la plus commune, ce chanfrein est remplacé par un cavet. C'est le cas à Eppeghem (fig. 162), Sainte- Vérone (fig. 42), Bierbeek (fig. 90), Orp-le-Grand (fig. 126), Cumptich (fig. 101), etc. A l'extérieur de cette dernière église, à Nivelles et à Gossoncourt (fig. 119), on voit des doucines au lieu de cavets et, dans les églises les plus récentes, comme Parc (fig. 74), Vossem (fig. 5o), Saint- Quentin de Louvain, en dessous du cavet, on trouve un tore. La même forme se rencontre aussi aux tours de Bierbeek (fig. 90) et de Gossoncourt (fig. 119) qui sont déjà gothiques. A Cumptich, le chanfrein est orné, comme nous l'avons dit plus haut, de fines gravures, représentant des espèces de palmettes.

caractères Le profil des bases est également simple : à Eppeghem, il est formé généraux. d'un cavet (fig. 162), à Neerheylissem d'un quart-de-rond, à Parc (fig. 74) et à Vossem, d'un glacis.

Les fûts des piliers sont coupés, à Bierbeek (fig. 89) et à Mousty, de chanfreins élégants. A Neerheylissem, ceux-ci font même le tour des arcades. On en voit aussi à d'autres églises, comme à Tourinne-la Grosse, mais ils y présentent des caractères moins évidents d'ancienneté. Ces chanfreins sont remplacés à Berthem, du côté de la grande nef, par des échancrures à angle droit (fig. 94).

Dans la crypte d'Anderlecht, il existe des piliers maçonnés cylindriques (fig. 168) et d'autres carrés, flanqués de quatre demi-colonnettes également appareillées dont les bases sont ornées par un simple chanfrein.

Les colonnes monolithes ne sont employées que dans les cryptes ou dans la décoration. A la crypte et au chœur de Nivelles (fig. 190), elles sont octogonales et taillées en calcaire noir de Tournai, tandis que celles d'Anderlecht sont cylindriques et galbées (fig. 168).

Les colonnettes de dimensions moindres sont d'un usage fréquent dans les ouïes des clochers, dans la décoration et dans les embrasures des portes.

On en voit à Hérent (fig. 78), Vertryck,Cumptich(fig. io5), Bost, Perck et surtout à Nivelles où elles furent employées au cloître, aux galeries et aux ouïes du clocher et dans les bas-côtés de l 'avant-corps. A mesure qu'on approche de la période gothique, leur usage devient de plus en plus fréquent (Parc, porte romane de l'hôpital de Louvain, porte latérale de Nivelles, etc.). La plupart des colonnettes sont lisses et galbées mais, au porche de Hérent, on en voit qui sont ornées de chevrons sur toute leur surface. Ces colonnes et colonnettes reposent sur des bases composées d'ordinaire d'un socle carré et d'un coussin qui rappelent vaguement la base attique des anciens. Elles en diffèrent, en général, par le peu de profondeur de la scotie et souvent aussi par les pattes ou griffues qui raccordent le tore inférieur aux angles du socle. C'est du moins ce qui existe aux colonnettes de Hérent (fig. 79), de l'avant-corps de Nivelles et de Cumptich. Ailleurs, comme aux cryptes d'Anderlecht et de Nivelles (fig. 190), les griffues manquent. A la fin de la période romane et durant la transition, on trouve la même base, mais elle se perfectionne et devient d'une rare élégance

aux portes et aux souterrains de l'abbaye du Parc (fig. 71), au cloître de Cctrctcfères Nivelles, à l'autel de Haut-lttre et à la porte de Berthem (fig. 193). généraux.

Le plus ancien chapiteau qu'on rencontre communément est le chapiteau cubique. On le voit à Orp-le-Grand, Hérent, Vertryck, Nivelles, tant à la crypte (fig. 189) qu'à l'avant-corps, ainsi qu'au porche de Crainhem (fig. 159). Cependant, la forme singulière semblable à une base retournée ou à un champignon dont on trouve des exemples à la crypte d'Anderlecht (fig. 168), paraît être plus ancienne encore. Le chapiteau cubique reçoit parfois une ornementation. Nous avons déjà signalé celle du chapiteau de Crainhem (fig. 1 79) ; elle est tout à fait rudimentaire. Dans les dortoirs de l'abbaye du Parc sont conservés d'autres chapiteaux relevant encore de la forme cubique mais ornés déjà de feuilles en creux bien interprétées. Le crochet n'apparaît que vers la fin de la période. 11 est quelquefois peu prononcé comme à Cumptich (fig. 1 o5) et au tombeau de Marguerite de Flandre à l'église Saint-Pierre à Louvain ; il est entièrement formé et très élégant à la porte de l'hôpital de Louvain (fig. 35), à celle du chœur de Berthem (fig. 193) et à la façade du Parc (fig. 71).

Page 1