PORTES ET FENÊTRES
La forme des portes est à peu près la même dans tout l'Occident. Les inteaux semi-circulaires et en fronton se voient dans toutes les régions de notre pays. Quant aux portails ornés de colonnettes en retraite, comme ceux de l'hôpital de Louvain, ils sont communs partout. On les voit sur les bords du Rhin, à Knechtsteden et Gladbach; en Angleterre, à Durham ; en Irlande, à Clonfert ; en France, à Voulton (Seine-et-Marne); en Espagne, à Valence, etc.
Les fenêtres nous donnent des indications plus précieuses : nous avons distingué, au chapitre précédent, celles dont le vitrage est près du parement extérieur et celles qui s'évasent également des deux côtés. D'après Dehio et von Bezold (2), ces deux formes sont caractéristiques de deux régions bien délimitées : la première règne en France, en Italie, en Espagne et en Angleterre ; la seconde en Allemagne, en Bourgogne et dans l'Italie septentrionale. Le nord de la France et la Belgique seuls emploient l'un et l'autre. Cette observation, pour notre pays, se confirme par l'examen des fenêtres de nos églises ; on trouve la forme française dans certains édifices dont le caractère rhénan est très accentué (Nivelles, Berthem).
(1) Clemen, op. cil., t. III, p. 237.
(2) Op. cit., t. I, p. 695.
Pour le reste, nos fenêtres se rapprochent, par leur forme, de celles du Origine des Rhin, surtout par leur manque d'ornementation. On voit bien en France éléments. des fenêtres aussi simples que les nôtres à Coudun (Oise), Rhuis, Montieren-Der, Château-Landon, Vignory, mais c'est un fait exceptionnel dans ce pays, tandis qu'il est habituel en Allemagne. Toutes les églises que nous avons citées jusqu'ici en fournissent la preuve. En Belgique, quelques églises dans le bassin de l'Escaut ont des colonnettes aux piédroits de leurs fenêtres (Tournai, Ypres, Saint-Jacques à Gand), ce qui n'est le cas pour aucune église du pays de Meuse. Le classement chronologique fera ressortir que ce sont précisément les églises les plus anciennes qui adoptent la disposition française (Nivelles, Mousty), tandis que l'influence rhénane paraît, sous ce rapport, s'être exercée plus tard (abbaye du Parc).