Critique sociale, t. II, p
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| de marxisme la jeune génération blanquiste. Sans à rien perdre de leur foi dans l’action méritoire des minorités énergiques, les jeunes blanquistes s’habituèrent à penser que l'émancipation des travailleurs serait l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. Le syndi-
calisme leur parut concilier les deux formules : mouvement de minorités audacieuses entraînant les masses inertes à ces incessants coups de main que sont les grèves ; mouvement autonome de travailleurs qui ne puisent qu’en eux-mêmes la force d’'émancipation, sans invoquer «ni Dieu ni maître » (c'était la devise de Blanqui), voilà ce que le syndicalisme leur parut être. [ls souhaitèrent passionnément son succès. Et les premiers ils comprirent que, pour respecter et fortifier la double valeur qu'ils lui attribuaient, ils devaient refuser, si tentant qu'il fût, tout embrigadement des syndicats ouvriers dans un parti socialiste, même dans le leur.
En 1895, M. Édouard Vaillant écrivait à M. Léon de Seilhac : « A la différence des divers partis ouvriers français qui admettent ies adhésions syndicales, nous n’en admettons pas, et nous demandons aux syndicats de n’adhérer à aucun parti politique de façon à pouvoir comprendre la totalité des travailleurs de la corporation » (1).
1. Léon de Seilhac, Le Monde socialiste, p. 58. Rapprocher le discours prononcé par M. Vaillant au Congrès socialiste de Nancy en 1907: Le Parti socialiste et la Confédération du travail, p. 51-72 (Marcel Rivière, éd., Paris, 1908).
A. May 4