‹ Les origines égyptiennes du droit civil romainChapitre 18 sur 22 · Voir le mémoire précédent · texte numérisé non relu

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92. Voir le papyrus F relatif aux comptes d'un architecte réclamant un dû que l'autre partie affirma par serment avoir payé. En voici la teneur :

« Le I it de ab répondant au t9 de Pachons de l'an 23 du roi Artaxerxès, Fia, fils de Pahi, architecte à Syène la forteresse, dit à Mibtahiah, fille de Mahsiah, fils de Jedoniah araméen de Syène, à la suite d'Urizat, dans le tribunal des travaux (abadin) de Sj'ène : tu es quitte pour argent, blé, vêtements, airain ou fer, tout bien et toute possession, et je t'en donnerai contrat. Quand le temps du serment est venu pour toi, tu m'as juré à ce sujet par la déesse Sati, et mon cœur fut satisfait par ce serment que tu m'as fait sur ces biens et je m'éloigne depuis ce jour à jamais. Je ne puis susciter ]irocès ou parole contre toi et (Ils ou fille t'appartenant, au nom de ces valeurs au sujet desquelles tu m'as juré. Si je t'inquiète par procès ou parole, que t'attaque fils ou fille m'appartenant. au nom de ce serment, moi, Pia, et (à mon défaut) mes enfants, je donnerai à Mibtahiah 5 oiiten d'argent, à l'étalon du roi, sans qu'il y ait ni procès ni parole (à dire) et je m'éloignerai de tout procès ou parole. »

Il serait bien possible que l'argent (ou les équivalences en nature de diverses sortes) que réclame ici cet architecte provienne de la construction de maison dont il est question dans le papyrus G comme devant être faite au bénéfice de Mibtahiah, Voici le document en question :

« Le 21 de kiselev qui répond au i" jour de mesorè de l'an 6 d'Artaxerxès, le roi : Mahsiah, fils de Jedoniah, qui habite à Eléphantine, à la suite d'IIammadat, dit ù Jedoniah, fils de Uriah, de la même dépendance, à savoir : il y a une terre m'appartenant qui est engagée pour une maison à toi destinée. Moi, je l'ai donnée à ma fille, ta femme, et j'ai écrit un contrat pour garantie dotale. J'ai mesuré cette maison, qui a 13 coudées et 1 palme sur M, au moyen de la coudée de mesurage. Maintenant, moi, Mahsiah, je t'ai dit : cette terre bâtis-la et garnis-la de ses bestiaux et habite là dedans avec ta femme. Mais cette maison, tu ne peux la vendre ni la donner par bonté à d'autres, si ce n'est à tes enfants (provenant) de Mibtahiah, ma fille. Eux seront les maîtres après vous. Si demain, ou dans des jours autres, tu bâtis cette terre et qu'ensuite ma fille te prenne en haine et sorte d'auprès de toi, elle n'aura cas la puissance de la prendre et de la donner à d'autres qu'à tes fils (provenant) de Mibtahiah. Eux, ils en seront les maîtres ; et en équivalence des travaux que toi tu as faits, si tu la fais se libérer de toi, une part de la maison sera pour elle, et tu seras le maître d'une autre part pour les enfants que tu auras procréés dans cette maison. En outre, cette part, tes fils provenant de Mitbahiah en seront les maîtres après toi. Si demain ou dans les jours autres je t'attaque par procès ou parole et que je dise : je ne t'ai pas donné cette terre pour la bâtir et je n'ai pas fait ce contrat, je te donnerai 10 oiiten de l'étalon du roi en argent dont l'alliage soit de 2 quarts de sekel pour la pièce de 10 sekels et cela sans procès ni parole. »

La donation du terrain faite à Mibtahiah et qui est visée dans la pièce précédente porte la même date et se trouve dans le papyrus P.

« Le 21 de kiselev qui est le 1"' de mesoré tle l'an 6 d'Artaxerxès, le roi, Mahsiah, fils de Jedoniah, juif, propriétaire à Eléphantine, la forteresse, à la suite d'Hammadat, dit à la femme Mibtahiah, sa fille, à savoir : je t'ai donné pendant ma vie et après ma mort une terre m'appartenant. J'ai mesuré sa longueur depuis son sud jusqu'à son nord : 13 coudées et une palme : et sa largeur de l'orient à l'occident : M coudées, avec la corde de mesurage. Ses limites sont : au sud, la maison de Dragman, fils de Marsin, qui la touche: au nord, la maison de Quoniah, fils de Sadoc ; à l'orient, la maison de lezan, fils de Uriah, ton mari, et la maison de Zacharie, fils de Nathan; à l'occident, la maison de Aspmet (Nespmet), fils de Peptanneith, le tari-

cheute de la cataracte. Cotte maison — en terre — Je l'ai (lonnée à loi pendant ma vie et après ma mort. Tu en es la maîtn^sse depuis ce jour à jamais, et tes fils le seront après toi. Tu la donneras à celui que tu aimes. Je n'ai point de fils ou de fille antre, ni de IVnime, ni de frère, ni de sœur ayant puissance sur cette terre, excepté toi et tes fils à jamais. Celui qui t'attaquera par procès ou parole, toi, tes fils et tes filles, ou liomme l'appartenant, au nom de cette terre, on fera approcher contre toi le préfet et le juge, te donnera à toi et à tes fils 10 oulen d'arj;ent, je dis 10 onten de l'étalon du roi, aj-ant :2 quarts de sekel d'alliage pour le décuple du sekel, et cela sans procès ni parole : et la maison sera la maison encore et elle appartiendra ;\ tes enfants après toi. On ne pourra produire contre toi de contrat nouveau on ancien en mon nom sur cette terre, pour la donner à d'autres hommes. Ce contrai qu'ils produiraient contre toi est mensonger. Je ne l'ai pas écrit et il ne sera pas reçu en justice. Ce contrat-ci est- en la main. Moi, Slahsiah, demain ou dans des jours autres je n'enlèverai pas de toi, pour la donner à d'autres, cette terre qui est à toi. Bâtis-la et donne-la à celui que tu aimes. Si demain ou dans des jours autres je t'attaque par procès et parole et si je dis : « Je ne te lai pas donnée, » je te donnerai 10 outen d'argent ayant 2 quarts de sekel d'alliage pour la pièce de 10 sckels, sans procès ni parole. La maison sera la maison encore. J'irai en justice et je ne serai pas justifié ; cl ce contrat restera en la main encore. Il y a un contrat d'abandon que Dragmou, fils de Ilarashiu, a écrit sur cette terre aussi. Il a intenté un procès sur elle. J'ai été obligé à un serment et j'ai juré ainsi : « elle est à moi, >> et il a écrit un contrai d'abandon, et il m'a donné cet écrit, et moi je le l'a donné. Possède-la. Si demain ou dans d'autres jours Dragman ou un fils lui appai-tenanl intente procès sur cette maison, produis cet écrit et fais disparaître en sa présence le procès suscité avec lui. » — (Nous donnons ailleurs cet écrit cité ici).

Plus tard encore, en l'an 19 d'Arta.xerxès. ce bon père fit, d'ailleurs, dans le papyrus E, une autre donation à sa fille, sans faire intervenir aucun gendre cl en jîrenant pour prétexte des approvisionnements à lui livrés par sa fille dans des conditions pénibles pour lui.

« Le 3 de kiselev qui est le jour 10' du mois de mcsoré de l'an 10 du roi Artaxerxès, Mahsiah, fils de lédoniah. Araméen de Syène, à la suite d'Urizal, dit à Miphtahiah, sa fille, à savoir : je t'ai donné la maison que m'a livré Meshullam, fils de Zakour, fils d'Aler, Araméen de Syène, pour son prix. Il a écrit un contrat sur celle maison et je l'ai livrée à Miphtahiah, ma fille, ù la place des choses qu'elle m'a livrées, alors que j'étais réduit à la portion congrue dans la citadelle. J'ai reçu ces choses en échange et je n'ai point trouvé d'argent ni de biens en nature pour te payer cela. A toi cette maison, à la place de tes biens, ceux-là, dont la valeur fut de 5 outen. Je t'ai donné le contrat ancien que m'a écrit Meshullam et d'autres encore. Cette maison, je te l'ai livrée et je me suis éloignée d'elle. Elle sera à toi et à tes enfants après loi ou à qui tu voudras la donner. Je ne puis, moi, ou mes fils cl semence de moi, ou hommes autres, t'intenler procès ou te faire parole au nom de cette maison que je lai livrée et du contrat que je t'ai écrit là-dessus. Celui qui le fera procès ou parole, soit moi, soit frère, sœur, parent proche ou éloigné, étranger ou citoyen de la ville, le donnera lo outen d'argent, et la maison sera à toi encore. Personne autre ne peut produire contre toi un contrat ancien ou nouveau en dehors de ce contrat, que moi j'ai écrit et que je t'ai livré. S'il produit un contrat, je ne l'ai pas écrit, ^'oici les limites de celle maison : au sud, la maison de Teos fils de Pemehah ; au nord, la chapelle du dieu Jehovah: à lest, la maison de Gadol fils de Osée, ayant la rue entre eux; au couchant, la terre de Marduk, fils de Palli, prêtre idolâtre des dieux Chnumu et Sali. Celle maison, je l'ai donnée à toi et je me suis écarté d'elle à jamais, ainsi que de celui à qui lu voudras la donner. »

Je suis, je l'avoue, dans l'incertitude sur une question de biens fonciers que je n'ai pu vider complètement. Laquelle des maisons livrées par Mahasiah à sa fille était celle à laquelle se rattachait une affaire de tigno juneto qui porte la lettre A parmi ses papiers. Voici ce document très curieux :

<■ Le 18 Elul, qui est le 28 de pachons de l'an 13 de Xerxès le roi, Quoniah, fils de Sadoc l'Aranien de Syène, à la suite d'Uri, zat, dit à Mahsiah, fils de Jedoniah, aramen de Syène. à la suite d'Urizal, à savoir : moi je suis venu vers toi et tu m'as donné la porte de la maison l'appartenant pour y bâtir une terrasse. Celle terrasse, qui est à loi, adhère à la maison qui est à moi, à l'angle du sud. Celle terrasse

adhère au domaine de ma maison de la terre jusqu'au faîte, dciniis l'angle sud de la maison jusqu'à la maison de Zacharie. Demain ou dans d'autres jours, je ne pcjurrai t'empècher de bâtir sur cette terrasse qui est à toi. Si je t'en empêche je le donnerai 5 oulen d'argent à l'étalon pondéral du roi en argent fondu. Et cette terrasse-là sera a toi aussi.

« Si Quoniah meurt demain ou dans des jours autres point ne pourront, tils, fille, frère, sœur, proche et éloigné, étranger ou citoyen de la ville, empêcher Mahsiah ou bien fds de lui de bâtir sur la terrasse qui est à lui aussi. Celui qui en empêchera quelqu'un d'eux lui donnera l'argent écrit ci-dessus et la terrasse sera à toi encore, et toi tu as pouvoir de bâtir sur elle jusqu'au-dessus et point moi, Quoniah, je pourrai dire à Mahsiah : cette porte n'est pas à toi et tu ne sortiras pas dans le passage qui est entre nous et entre Peptonit, le taricheute. Si je t'en empêche, je te donnerai l'argent qui est écrit ci-dessus et toi tu es le maître d'ouvrir cette porte et de sortir dans le passage qui est entre nous. »

Je me suis beaucoup écarté dans cette note du texte qui lui a servi de point de départ. Je prie le lecteur de m'e.xcuser et de revenir à la question du règlement de comptes visé plus haut. Ce règlement de compte validé après serment par le tribunal commercial des travaux, avait été pour notre architecte singulièrement facilité par une circonstance récente. Mibtahiah avait perdu son premier mari et avait réussi à intéresser son architecte. Peu avant le susdit règlement de compte, daté de mesoré dernier mois de l'année égyptienne de l'an 23 d'Artaxerxès. c'est-à-dire le 23 pachons de la même année; il avait demandé la main de la veuve à son père et rédigé le contrat de mariage dont nous parlerons plus loin, Mibtahia l'enterra d'ailleurs comme son précédent mari. Elle épousa un autre égyptien Neshor, fils de Teos, dont elle eut deux fils qui ne s'en déclarent pas moins juifs et qui interviennent en cette double qualité dans le papyrus II relatif à l'hérédité de leur père en l'an 4 de Darius. Plus tard en l'an 8 et en l'an 14 du même règne, ils abandonnèrent même le nom de leur père Neshor, auquel ils substituèrent le nom de Nathan que Neshor n'a jamais porté de son vivant. Leur mère Mibtahiah était morte quand fut rédigé le contrat de l'an 14.

93. Voir les papyrus H et J. Dans le papyrus H. Widrang s'est fait remplacer par son vicaire. Notons qu'on ne parle pas d'assesseurs pour ce tribunal, peut-être par suite d'un régime militaire (état de siège). Il en est tout autrement pour les arbitres ou les juges d'un système antérieur à la révolte égyptienne qui. dans le papyrus B, fontjurer la partie juive par Jehovah, au lieu de la faire jurer par la déesse égyptienne Sati, à l'égard d'une partie persane. Le principal arbitre Damidat (persan lui-même) est alors joint à ses collègues. Donnons le texte de cette pièce qui est datée de l'an 29 de Xerxès ou de l'an du commencement du règne d'Artaxerxès 1" (papyrus B).

« Le 28 kislev, lequel jour est le 6" de Thot, de l'an 27, commencement du règne d'Artaxerxès, le roi assis sur son trône, Dragman, fils d'Harshin, le Chorasmien, résidant au lieu d'Eléphantine, à la suite d'Artaban, dit à Mahsiah fils de Jediah, juif habitant la forteresse d'Eléphantine à la suite d'Urizath, à savoir : tu m'as juré par le dieu Jehovah, toi et ta femme, et ton fils également, tous trois sur la terre m'appartenait au sujet de laquelle j'ai réclamé contre toi devant Damidat et ses collègues les juges : et ils t'imposèrent envers moi [un serment pour jurer par Jehovah sur l'alTaire de cette terre en ces termes : « cette terre n'est point à Dragman. Elle est à moi aussi. » Voici les limites de cette ten-e au sujet de laquelle tu m'as fait serment: à l'orient, ma maison à moi, Dragman, et la maison de Quoniah fils de Zadoq, le juif, à la suite d'Athropadan; à l'occident, la maison de lezaniah, fils d'Uriah juif, à la suite d'Urirath; au nord, la maison d'Aspmet fils de Putonit le taricheute de la cataracte, lequel (terrain) a la cataracte au sud. Tu m'as juré par Jehovah et as satisfait mon cœur. Je ne pourrai te susciter procès ou parole (d'inimitié | moi ou fils mien ou fille mienne ou frère et sœur miens (parent), proche ou éloigné sur cette terre, contre toi ou fils, tien, frère et sœur, tienne (parent), proche ou éloigné. Celui qui te fera procès en mon nom sur cette terre je lui ferai donner -i) oulen d'argent c'est-à-dire vingt uten de l'étalon du roi, argent ayant 2 rebi (ou quarts de sekel) d'alliage pour la pièce de 10 sekels; et cette terre restera à toi; et tu seras éloigné (délivré; de tout procès que l'on t'intentera sur cette terre. »

94 ij:s origines égyptienees du droit civil romain

94. Le papyrus II qui fait mcnlion de la cour de Noplia est ainsi conçu :

« Dans le mois d'Elut répondant à payui de l'an 4 du roi Darius. En ce temps A Elépliantine, la forteresse, Mcnahem et Aranias, tous deux fils de Meslioullam. fils de Slielonim, juifs d'Eléphantine, la forteresse, à la suite d'Eddiunabu, disent à Jedoniah fils de Xoshor |.\slior) fils de Teos, par Mibtahiah, fille de Malisiaii, juifs de la même dépendance : Nous vous avons intenté procès devant la cour de Nopha (Napata) devant Dimnin le Phirtha;!ak de Widrang-, le général de l'armée, en disant : il y a des biens, vêtements de laine et de lin, ustensiles de bronze et de fer, objets de pierres précieuses et d'ivoire, etc., et nous avons intenté action en disant : « Neshor, votre père a reçu de Shalumim fils d'Azarias » et dit aussi : « Gela est en dépôt; et ils ont donné en dépôt et lui il a pris possession et il n'a pas rendu. Et de là nous vous avons fait procès. »

« Après que vous avez pétitionné ainsi, toi Jedoniah et (toi) Mahsiah. fils de Neshor, vous avez satisfait notre cœur sur ces biens. Notre cœur est satisfait depuis ce jour jusqu'à jamais. Moi Menahem et (moi) Ananias, nous, nous nous éloignons de toi (ou nous vous faisons cession) depuis ce jour à jamais. Nous ne pouvons, nous, et nos fils ou filles, et frères ou hommes nous appartenant, proches ou éloignés ne, peuvent disputer contre vous, toi Jedoniah et (toi) Mahsiah, par proi es ou parole (d'inimitié). Ils ne peuvent pas, non plus, disputer avec vos fils, vos filles, au nom de ces biens, de l'argent, du blé et des autres choses de Shalomin, fils d'Azarias ; et si nous, nos fils, nos filles et hommes nous appartenant ou des fils de Shalomim fils d'Azarias, vous disputons et disputons vos fils, vos filles et homme vous appartenant, celui qui vous intentera procès là-dessus vous donnera ou donnera à vos fils ou à celui qu'ils inquiéteront l'amende de 10 oulen d'argent, ayante quarts de sekel d'argent par oiilen d'alliage; et après cela il sera éloigné de ces biens au sujet desquels nous avons réclamé, et cela sans procès et sans parole. »

La réclamation que nous avons déjà visée dans une des notes précédentes était faite ici par des créanciers réels ou prétendus, dont les ])arents auraient donné à Neshor. 3' mari de Mebtahiah, les objets qu'il donne en dépôt à sa nouvelle épouse probablement à titre de trousseau remis par elle. Pour bien comprendre celte réclamation qui aboutit à un serment décisoire judiciaire les déboutant, il faut avoir recours à la comparaison du contrat de mariage du prédécesseur de Neshor, l'Egyptien Fia avec la même femme. Ce contrat de mariage, que nous analysons plus loin au point de vue juridicjue dans le texte même de ce mémoire, porte la lettre g et est ainsi conçu :

« Le 20 tisri, qui répond au 6 du mois d'epiphi, de l'an 2o du roi Artaxerxès, Ashor (Neshor) fils de Tsiha (Teos) architecte du roi, dit à Mahsiah, Arameen de Syène à la suite d'Urizat. à savoir : moi je suis venu à ta maison pour qu'on me donne ta fille Miplahiah comme femme. Elle est ma femme et moi je suis son mari depuis ce jour à jamais. Je t'ai donné comme mohar (don nuptial ou shep) de ta fille Miplahiah 5 sekels d'argent à l'étalon du roi. Cela est entré chez toi et ton cœur en a été satisfait; tu as apporté à ta fille, dans ses mains, comme argent disponible, un oiilen d'argent et deux sekels de l'étalon du roi, argent contenant d'alliage 2 quarts de sekels par pièce décuplée (oulen). Tu lui as remis en sa main une couverture de laine neuve brodée teinte des deux côtés dont la longueur est 8 coudées sur .5, estimée 2 oiifen et 5 sekels de l'étalon du roi, un shabit neuf de 7 coudées sur .'i, estimé 8 sekels de l'étalon du roi; d'autres couvertures de laine, usées, de 6 coudées sur 4,e stimées en argent 4 sekels: un miroir de bronze estimé en argent un sekel et deux quarts de sekel; une assiette de bronze estimée en argent, un sekel et deux quarts de sekel; des coupes de bronze estimées en argent, 3 sekels; un bol de bronze, estimé en argent, deux quarts de sekel. Tout l'argent et le prix des objets en argent font 6 outen et .5 sekels et 20 calques d'argent de 2 quarts de sekel d'alliage pour l'outen de 10 sekels. Cela est entré chez moi et mon cœur en a été satisfait: ainsi que deux bijoux shui (colliers) de gema (bois d'ébène) avec des nabelis (roses) de 4 pierres précieuses; une statuette, qui élève les deux mains, valant 8 calques; et une broche d'ivoire neuf. A l'avenir, dans d'autres jours, si Neshor n'a pas d'enfant à lui de Miptahiah sa femme, Miptahiah sera maîtresse de la maison de Neshor, de ses biens, de tout ce qui est à lui sur la face de la terre entière. A l'avenir, le jour où mourra Miptahiah, sans avoir d'enfants, fils ou filles, de Neshor, son mari, Neshor, lui, héritera de ses biens et possessions. A l'avenir, dans d'autres jours, si Miptahiah

se lève devant témoins et dit : je hais Neslior mon mari, l'argent de la haine (du divoi'cc) sera sur sa tcte (à sa charge). Elle retournera au JNIuzna et elle paiera à Ncshor 6 sekelset 2 quarts ; et tout ce qu'elle a apporté en sa main, elle le l'cra sortir depuis une poutre jusqu'à un fil; et elle ira ensuite où elle voudra, sans procès, ni parole. A l'avenir ou dans les jours autres, si Neshor se lève devant témoins et dit : je hais ma femme Miptahiah, son don nuptial {inahar ou shep), il perdra tout ce qu'elle a apporté en sa main et elle le fera sortir depuis une poutre jusqu'à un fil, le jour même, en une fois, et elle s'en ira où elle voudra, sans procès, ni parole. Mais s'il se lève contre Miptahiah pour la chasser de la maison de Neshor et de ses biens il lui donnera iO oulen d'argent et il fera le droit du contrat.

« Je ne puis dire alors : « J'ai une autre femme en dehors de Miptahiah et des fils autres en dehors de ceux que m'a enfantés Miptahiah. » Si je dis : « sont à moi des et une femme autre au dehors de Miptahiah et de ses enfants, » je donnerai à Mipfils tahiah 20 outen d'argent de l'étalon du roi et je ne puis écarter les biens et possessions de Miptahiah. Si je les écarte, je donnerai à Miptahiah 20 outen de l'étalon du roi. »

L'autre procès jugé dans la cour de Nopha par Widrang lui-même (papyrus portant la lettre j) est relatif à la maison de Mibtahiah (ou Miptahiah) et qu'elle avait occupé avec ron dernier mari Neshor après le précédent (Ycraniah), maison que disputaient à leurs enfants des tiers évicteurs.

« Le 3 de kiselevde l'année 8, répondant au 12 de thot, de l'an 8 du roi Darius. A ce moment, à Eléphantine, la citadelle. Jedoniah, fils de Husaiah (Osée), fils d'Azariah, l'Aramen d'Eléphanline, la citadelle, dit à Jedoniah, fils de Nathan et Mahsiah fils, de Nathan, son frère, leur mère est Mibtahiah, fille de Mahsiah, fils de Jedoniah, devant Widrang, le général de l'armée de Syène, à savoir : Je m'éloigne de vous pour la maison (je vous abandonne la maison) de Jedoniah, fils de Uriah (l'un des maris de Miblahiah). En voici les voisins; au sud, la maison de Osée, fils d'Uriah qui la touche; au nord, la maison de Haphnut, fils de Zacharic qui la touche par le nord et les fenêtres ouvrent là ; à l'orient, la chapelle du dieu Jehovah qui en est séparée parle chemin du roi; à l'occident, la maison de Mibtahiah, fille de Mahasiah, laquelle Mahsiah son père lui avait donnée et qui la touche. Cette maison, dont les voisins ont été écrits plus haut, est à vous, c'est-à-dire à toi Jcdoniali et à Mahsiah, fils de Nathan, à jamais, et à tes enfants après vous et à qui vous voudrez la donner. Je ne puis moi, Jedoniah, ainsi que mes fils et ma femme m'appartenant, je ne puis, dis-je vous inquiéter par procès et parole encore. Nous ne pouvons expulser fils ou fille vous appartenant, frère et sœur de vous, ou homme auquel vous la vendrez, cette maison, ou que par amitié vous la donnerez, et cela en mon nom à moi Jedoniah et au nom de mes fils, de ma femme ou d'homme de moi. Si moi. Jedoniph, je vous réclame, ou que fils ou fille, miens ou homme en mon nom, ou au nom de mes fils, ou héritiers possesseurs, par fils ou fille de lezaniah, fils d'Uriah, et vienne inquiéter fils, fille, femme et homme vous appartenant ou homme auquel vous vendrez ou donnerez par amitié, celui-là qui intentera procès, je lui ferai vous donner l'amende de 10 oulen d'argent, c'est-à-dire dix outen en argent dont l'alliage soit de 2 quarts de sekel pour un outen de l'étalon du roi : et la maison sera encore à vous à jamais, ainsi qu'à vos fils après vous comme héritiers des fils de Uzari, fils d'Uriah, et cela sans procès. »

Les fils de Neshor, devenus fils de Nathan et héritiers du précédent mari qui avait précédé leur père, de | ar la volonté des héritiers légaux de celui-ci, eurent ensuite, je l'ai dit, à partager les biens de leur mère. Ils commencèrent par un partage partiel de ses esclaves dans le papyrus K.

« Le 24 de Shabat de l'an 13, équivalent au 19 athjr de l'an 14 (sic) du roi Darius. A Eléphantine, la citadelle, Mahsiah, fils de Nathan, et Jedoniah, fils de Nathan, tous deux Araméens de Syène à la suite d'Urezat disent à savoir : nous avons décidé de commun accord et nous avons partagé entre nous les choses de Mibtahiah notre mère; et voici que cette part t'est parvenue en part, à toi Jedoniah; Petosiris est son nom et sa mère Taba, un esclave, un iod est tatoué sur sa main droite en écriture araméenne, comme celle de Mibtahiah. Voici la part qui m'est parvenue à moi, Mahsiah; Bêla est son nom et sa mère est Tebo, une esclave, un iod est tatoué sur sa main droite, tatouage ou écriture araméenne comme celle de Mibtahiah. Toi Jedoniah, tu es le maître de Petosiris, cet esclave qui t'est parvenu en partage depuis

m LES ORIGINES ÉGYPTIENNES DU DROIT CIVIL lîOMAiN

ce jour à jamais et les enfants le seront après toi, ainsi que celui auquel lu voiulras le donner. Je ne puis, moi Mahsiah, ou (ils et fille, frère et sœur de moi, homme m'appartenant, intenter un procès contre toi et contre tes enfants sur l'alTaire de Petosiris, nommé esclave qui t'est parvenu en partap:e. Si je t'intente procès là-dessus, nous Mahsiah et mes liis, ou que nous intentions procès à fils ou fille, tienne ou homme tappartenant sur lalTaire de cet esclave Petosiris qui t'est revenu en partage, nous te donnerons l'amende en arj^ent fondu de 10 outen au poids du roi et nous nous éloignerons, nous, de toi et de tes fils pour tout procès sur l'afl'aire de ce Petosiris qui t'est revenu en part ; et il sera à tes fils après toi et à qui tu voudras le donner : et cela sans aucun procès encore. Taba nommée pins haut la mère de ces jeunes gens et Lelu son fils que nous n'avons point jusqu'ici partagés entre nous, quand le temps sera pour que nous les partagions, nous ferons prendre a chacun son lot et nous écrirons un contrat de partage entre nous : sans procès. »

Un autre papyrus, contenait sans doute pour l'autre partie les garanties que nous trouvons ici relativement à Petosiris.

9o. Je citerai les mots traduisant : abandon, cession, ceux relatifs aux reçus (mou cœur est satisfait), etc.

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