‹ Les origines égyptiennes du droit civil romainChapitre 4 sur 22 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Premiers Emprunts faits aux Égyptiens par les Romains.

L'Egypte, pays du mystère, intriguait les autres peuples. Bien avant Psammétique, qui en ouvrit pleinement les portes aux Grecs, ceux-ci en avaient appris le chemin. Le législateur Solon ne fut pas le premier qui, sous prétexte de commerce, alla faire ses classes dans la vallée du Nil, y précédant ainsi les plus grands philosophes du monde hellénique. D'autres y avaient été avant lui, entre auires peut-être celui qui, parmi les Doriens d'Italie, parut être la plus haute incarnation de la loi vivante (vo[j.o^) et auquel on donna en conséquence le nom de Numa-'.

Je crois, pour ma part, à la personnalité des grands génies. J'aime mieux admettre un Homère, même défiguré par les rhapsodes, que d'admettre la génération spontanée de V Iliade et de Y Odyssée. Par semhlable raison j'admets un Moïse, tout en ne lui laissant que la compilation de la Genèse et la rédaction de VExode et eu ne voyant dans la deuxième loi ou Deutéronome qui raconte sa mort et surtout dans ce que les Septante ont nommé Lévitique que des recueils de coutumes colligés par les lévites et de dates fort diverses, dont quelques-unes (pour

2 LES OiUGINKS ÉGYPTIENNES DU DROIT CIVIL ROMAIN

le dernier livre) paraissent bien parallèles à celles de la Ilomanile classique*.

Niima me semble donc tout aussi incontestable que les autres auteurs de codes : et nous ne nous étonnons pas d'apprendre par Cicéron et généralement par les anciens que le sien, subitement retrouvé, fut un sujet d'étonnement et de scandale tout aussi grand que celui de Moïse quand il prit fantaisie de le découvrir dans le temple du temps des rois. A la fin de la république, Rome ne ressemblait guère à ce qu'elle était du temps de Xuma. Le pater palratus, dont les agissements visés plus haut ont été décrits par Tite-Live, avait fait abandonner complètement le monothéisme primitif de Xuma. Le père lou', comparable peut-être au --rr biblique*^ que les gnostiques prononçaient '-soj et '^aw, n'avait plus aucun rapport avec Lépoux alors adoré de Hpa ou Junon, celui que les Grecs nommaient Ze-jç et qu'ils avaient aussi comparé en Egypte à Amon. Celui de Xuma n'avait aucune des passions basses de son successeur. Le flamine qui lui était consacré par l'autorité de Xuma (Tite-Live, I, xx) et qui, quoique en dise cet historien, paraît avoir été le seul prêtre d'alors, ne pouvait avoir aucun lien Tenserrant et le rattachant à la terre. Tout travail humain devait cesser devant lui, quand il parcourait la ville. Il était entouré d'un universel respect, car il représenta longtemps Tunique sacerdoce primitif des Romains, avec les flamines des héros Quirinus ou Romulus et Mars, qui lui furent adjoints, peut-être lors de la réaction militaire de Tullus Hostilius reprenant sous ce rapport, selon Tite-Live (I, XXII conf., I, xix), les traditions de Romulus, en opposition avec celles, toutes pacifiques, du prophète Xuma. Ce qui paraît de plus en plus probable, c"est que, d'après les enseignements de celui-ci ", nouveau Moïse, les Romains étaient d'abord, comme les Egyptiens, monothéistes.

Mais ce qui est bien certain, c'est que leur droit, après la législation de Xuma, se rapprochait singulièrement de celui que nous trouvons alors en vigueur en Egypte. L'un et l'autre avaient un caractère profondément sacerdotal jusque dans des usages légaux que nous ne trouvons nulle part ailleurs. Je cite

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