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ÉTAT DE L^HOMAIK PRIMITIF

§ I. — Observations phkliminaires

La (jueslion de létal de riiommc priiiiilif esL intimement liée à tout ce qui précède. En ellet, si l'homme était sorti lentement par évolution des rangs de Tanimalité, nous trouverions, en remontant le cours de son histoire, des phases intermédiaires où il était en voie de devenir ce (ju'il est, où son intelligence, commençant à s'ouvrir, n'é(ait ({u'un rudiment de l'intelligence développée depuis lors. C'est bien ainsi ([ue s'expriment les partisans de la thèse que nous aurons à combattre.

Si, au contraire, comme nous l'avons enseigné, l'homme est sorti des mains de Dieu avec toutes les facultés que comporte sa nature, nous devons rencontrer, dès ses premiers vestiges, l'être humain complètement formé : il doil être identiqut; à lui-même à travers tous les siècles tant au poini fie vue organique ({uau point de vue intellectuel. Assurément, étant plastique sous l'action des milieux, son type orgiiiii(pie a dû se différencier en plusieurs races : mais ces moditicalions sont purement accidentelles. De même, étant doué d'intelligence et en conséquence capable de progrès, l'homme a dû créer, dans la suite des temps, des œuvres de plus en plus parfaites : mais, dès le commencement, ses œuvres étaient le fruit de facultés spirituelles caractéristiques. Telle sera la thèse que nous aurons à exposer.

En prouvant que, dès les débuts d(; son existence, l'homme fut vraiment intelligent, nous confirmerons les privilèges qui le distinguent : la spiritualité de son âme, son origine franche-

imMil (liviiio,raniléspr>cirK|iuMlcs groupes liumains. Ouolloquo soil la (laLc de sa crôalion, très reculée ou bien ra})|)r()('liée, MOUS aui'ons loujours assez de leuips poiu" explupuM'la l'oriualion elle développemeut des peuples mèuie les plus avaucés.

Pour étayer leur thèse, les aulliropologisles matéi-ialisles oui recours à deux sortes de preuves. — Ils fout appel aux docunieuts de la préhistoire : ils essaieut de trouver dans les restes huiuains les plus anciens, soit ossements, soit instrunieuls. le signe d'un état inlermédiaire entre la nature animale et la u:iliirc humaine. — l*]ludiaiil ensuite les peuples sauvages contemporains, ils les considèrent comme des arriéri's. encore à mi-chemin de la civilisaliou.

Nous aurons recours aux nuMues sources dinrormation. Après avoir décrit les œuvres de l'industrie primitive et donni' les traits des plus anciennes races, nous serons en mesure d'établir que l'identité du type physique et intellectuel apparaît nettement à travers mille variantes d'ordre tout secondaire. Puis, prenant à notre tour les races sauvages actuelles, nous constaterons que, loin d'être des familles arriérées dans la voie du développement, ces races sont d'une nature aussi complète que la nôtre, et que leur état présent est une vraie dégénérescence par rapport à un état passé plus avantageux.

Afin d'éviter toute confusion, nous étudierons principalement les traces laissées en Europe par des premières races humaines. Elles ont été plus sérieusement et plus largement examinées que dans les autres parties du monde : elles se prêtent à un classement qui, s'il n'est pas tout à fait sûr, ne laisse pas de faciliter l'étude ; d'ailleurs, dans les autres pays, les restes primitifs de l'homme sont sensiblement les mêmes ; enfin, l'industrie chelléenne remontant jusqu'à la période glaciaire, les documents europ('eus doivent nous conduire bien près des débuts de l'humanité.

Nous allons exposer les faits que nous fournit la préhistoire. .Ces faits sont assez nombreux pour nous permettre d'avoii- .quelque idée de l'Européen primitif. Assurément, ils ne ré-

pondent pas à louLcs les questions que notre curiosité se plairait à poser. Mais ils nous auront beaucoup appris, néanmoins, s'ils nous prouvent que l'homme a toujours été ce qu'il est aujourd'hui, un (Mre intelligent, et que les différences entre l'homme priniitil' et l'homme actuel ne portent que sur le degré de développement des mômes facultés.

§ II. — Les documents de la préhistoire (1)

Pour classer les documenls de la préhistoire dans leur ordre chronologique, nous aurons recours tout à la fois à la succession des faunes et à la diversité des industries. Ces cadres ne sont pas aussi tranchés dans la réalité qu'ils le paraissent dans un tableau de classification. De plus, des découvertes nouvelles peuvent déplacer les bgnes de démarcation présentement admises. Si les faits .sont exacts, si leur succession est bien établie, leur groupement demeure artificiel et provisoire.

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