Les origines indo-européenes
Dans le livre qui précède, j'ai cherché à réunir toutes les données qui peuvent nous éclairer sur la civilisation matérielle des Aryas primitifs. Pour éviter les répétitions, je me suis abstenu d'en présenter un résumé qui sera mieux placé à la fin de cet ouvrage. Ce que l'on peut reconnaître dès à présent, c'est que les anciens Aryas possédaient tout au moins les principaux éléments d'une vie facile et assurée par le travail. C'est là sans doute la première condition de tout développement social ultérieur, mais elle ne suffit pas à nous donner la mesure de la valeur intrinsèque d'une race d'hommes. En fait, ces éléments d'une industrie naissante se retrouvent également chez des peuples restés à l'état de barbarie, et une civilisation matérielle, même avancée, n'implique point un progrès équivalent au point de vue intellectuel, et surtout moral. H est probable, par exemple, que les anciens Aryas étaient inférieurs, sous le premier rapport, aux Mexicains et ni 1
aux Péruviens lors de la découverte du nouveau monde, et cependant ïh les surpassaient assurément par les aptitudes de l'esprit et les qualités de l'âme, qui, transmises à leurs descendants, en ont fait les dominateurs de la terre. C'est en recherchant d'abord ce qu'a été leur organisation sociale que nous pouvons espérer de retrouver les traits primitifs de leur caractère in oral, car cette organisation a dû en être l'expression naturelle et immédiate* La constitution de la famille, du clan et du peuple, les principes de la propriété, du droit et de la justice j représentés et garantis par la loi, nous montreront en germe les dispositions dont les développements ultérieurs ont été si variés et si puissants. Enfin, les traces encore reconnaissables de quelques coutumes de la vie sociale ajouteront plusieurs traits intéressants et caractéristiques. Tels sont les sujets qui formeront le contenu de notre quatrième livre.