‹ Les origines indo-européenesChapitre 9 sur 115 · L'ONCLE ET LA TANTE · texte numérisé non relu

L'ONCLE ET LA TANTE

Relativement aux enfants, le frère et la sœur des parents étaient considérés comme un second père et une seconde mère. C'est ce qu'expriment la plupart des noms de l'oncle et de la tante. En sanscrit, l'oncle est appelé tâtatulya, semblable au père, tâtagu, qui va (qui équivaut) au père, kshullatâta, petit père, etc. Nous avons vu déjà que attâ désigne à la fois la mère, la tante et la sœur aînée ( p. 31 ), que avunculus et ses analogues européens se rattachent à un nom du père et de l'aïeul (p. 32 ), tout comme le lith. teténas, oncle, tetà,

1 Cf. vêd. usar, matin, de vas (Aufrecht, Z. S., IV, 259), rathêahtar, guerrier, de sthâ> dêvar, levir, de dit;, etc.

tetxdéj tante, slave teta, etc. Cf. brahui tât, tante paternelle ( p. 30). Des analogies semblables se montrent dans le scr. mâmaka, oncle maternel, kourde mâm, oncle paternel, le grec mmnj, piw*, tante, le lat. amita, etc. Au gr. Siioç, 3"Uct, 3ffris, oncle et tante, répond le lith. dédas, dédé, dèdzus, au féminin dêdêne, dédëke, an moins quant à sa racine, le scr. dhâ, dhi, nutrire, sostentare, d'où dhâtrî, mère, nourrice, dhâyas, nutritio, etc.

Les deux noms ariens principaux du père et de la mère donnent naissance à plusieurs dérivés analogues dans les diverses langues de la famille. Du sansc. pitar vient pitrya, pitfvya, Oncle paternel, comme du gr. 7rctTfjç se forme Trcvrfwç, -aoç, pour 7rctT(û)ioç, et Trarfuoç, ircvrfwoç, latin patruus = scr. pitfoya. L'identité du suffixe indique ici une formation ancienne et commune. L'anc. ail. fataro, ags. faedera, oncle, et l'ags. fadhu, fadhe, tante paternelle, se lient aussi au nom du père.

On devrait attendre, en sanscrit, une forme analogue mâtfvya, de mâtar, pour l'oncle maternel, mais on ne trouve que mâtula et mâtulî pour sa femme. Le grec, toutefois, a \m\tçoùç> /Atrrçactç, ftrjrçvioçy lat. matruus, venant probablement de matruelis, cousin, comme patruelis de patruus. Le lat. matertera,tante, ainsi que Pang.-sax. moddrige et l'irl. maithrean, offrent d'autres formations; mais le cymr. modryb, corn, me dereb, armor. moéréb, tante, semblent se rattacher par le b final au suffixe d'un thème sanscrit féminin mâtrvyâ = grec futTçvia, seconde mère, marâtre.

Quelques noms isolés de l'oncle et de la tante, comme le pers. kâlcû, kâkûyah, niyâ, oncle maternel, kâkî, piyû, tante, l'anc. si. êtryi, oncle, strynia, tante, l'anc. irl. amnair, oncle (Z.2, 262), sont d'origine obscure.

Page 1