‹ Les orphelines de la Charité drame en cinq actesChapitre 13 sur 87 · LE PORTEFAIX · texte numérisé non relu

LE PORTEFAIX

Serviteur, monseigneur...

(Il sort.)

PAVILLON, vr rrngocfuat.

Monseigneur!

[Il vitnt t'asseuir à la lablf- où tout Horace el Wilfrid )*

IIOHACE.

Monsieur Pavillon, continuez-vous votre voyage?

'PAVILLON

Ça dépend de monsieur le comte.

HORACE

C’csi-à-dire que vous comptez m’accompagner partout où 2 %ai? .

PAVILLON

Rame !... je suis bien venu jusqu’à la Haye, je ne vois pas pourquoi je n’irais (ms plus loin.

HORACE

Mais si vous ôtes venu ù la Haye, c'est que sans doute vos affaires vous y appellent?

Pavillon.

Mes affaires ! D'abord, Dieu merci! je n’ai rien à faire... Je suis parti de Pari» pour aller à Compïègne rejoindre ma femme qui m'attendait à dîner.

A Compiègne?...

PAVILLON

Et me voilà en n’Ilollatidc.

HORACE

Et madame Pavillon?

PAVILLON

Madame Pavillon?... elle attend toujours... seulement, je crois bien quelle a diné sans moi.

WILFRID

Savez-vous, monsieur, que vous n’êtes guère galant.

PAVILLON

Avec madame Pavillon!... je voudrais bien vous y voirl

HORACE

N’est -elle pas jeune et jolie?

PAVILLON

Elle est très... jeune... pour son âge... elle a quarante-cinq a us...

WILFRID el HORACE.

Quarante-cinq ans!...

pavillon.

Elle est très-jolie, pour son physique... elle est bossue I

HORACE, te laraat.

Vieille et bossue !... Pourquoi diable avez-vous épousé cela?

PAVILLON, le Minai,

Ah J voilà. J’étais très-pauvre, monsieur; simple laboureur, je cultivais les choux et les carottes, lorsque ma cousine Aurélie (c’est le nom de ma femme), lorsque Aurélie me proposa de me tirer de ma position fâcheuse, en me faisant partager dix sept cents livret de rente qu’élit possédait. Elle était bien laide , la cousine Aurélie ; mais les dix-sept cents livres de rente me paraissaient si jolies, qu’un malin je me décidai. Ma femme exigea que nous fûmes mariés en communauté de biens ; c'était gentil de sa part, n’cst-cc pas?

WILFRID

Très-gentil !

pavillon.

Vous trouvez?... C'était un infâme traquenard!... Quinze jours après* les épousailles, je reçois une lettre d’un notaire de Paris, j’y cours, j’héritais du fameux financier Pavillon.

HORACE

Ali balildu traitant Pavillon qui a laissé douze millions à son neveu, un paysan de la Beauce?...

pavillon.

Juste!... J’avais changé de pays depuis trois ans, 011 me cherchait; la cousine Aurélie le savait, la malheureuse, et c’est pour partager ines douze millions qu'elle m’avait apporté en dot ses dix-sept cents livres de rente, scs quarantecinq ans (tom ivraie) et sa bosse.

HORACE

Ce pauvre monsieur Pavillon!

PAVILLON

Vous comprenez que je ne bulle pas de me trouver avec ma moitié... Aussi, quand je me suis vu en voiture avec vous, monsieur le comte, qu’avez un air si distingué, qu’avez un air si aimable , j’ai eu tout de suite envie de faire votre connaissance pour me façonner aux jolies manières des gentilhommes... Je vous ai demandé si vous vous arrêtiez à Coinpiegne... vous m’avez répondu: Non, je vais plus loin. — Plus loin, que j’ai dit en moi -même... eh bien, allons jusque-là, ça m’éloigne de ma femme... Et j’allai si bien, que de fil en aiguille, me voilà chez les zTlollandais, — fai faim, monsieur le comte.

HORACE, rlial.

Eh bleu , mon cher monsieur Pavillon, aile* surveiller le diner.

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