SCÈNE VII
VAN DELBERG, CLAIRE.
CLAIRE
Ah! v;/us voilà, mon ami?
VAN DELBERG.
Ou 'avez- vous, Claire?... pourquoi ce trouble, cette pâleur?
CLAIRE
Nous savez à quel chagrin, à quelle douloureuse tristesse, ma pauvre Frédérique était en proie depuis la scène affreuse qui a si cruellement interrompu son mariage?.,.
VAN DELBERG.
Oui, oui... après?...
Depuis cet instant, elle n’avait pas cessé de verser des larmes, mais il y avait même au fond de sa douleur un reste d’espérance; il lui semblait que cette Franlzia, après les refus énergiques du comte d’Albaret, ne persisterait pas dans ses poursuites cl dans sa haiue contre lui...
CLAIRE
Eh bien! tout à l'heure, Frédérique à su que cette fille implacable avait remis à un magistrat la preuve nécessaire pour faire auêler monsieur d'Aibarel, pour le Tain: condamner enfin, s’il se refuse toujours à lui donner son nom.
• VAN tOBEK.
En effet, cette lettre est aux mains de la justice,
CLAIRE
Et soudain, Frédérique a jeté un cri déchirant; puis au déssespoir le plus violent a succédé la plus morne stupeur; ses larmes ont cessé de couler, mais son regard a pris une fixité cfi rayante, sa bouche ne profère plus une parole; mais ce désespoir muet est mille fois plus horrible; elfe ne se plaint plus, elle ne pleure plus, mais je sens que ma tille se meurt.
VAN DLLRERü.
Mourir!... elle!... notre enfant!,., ali! non, non! c’est impossible... Dieu ne le permettra pas... il ne le veut pas. C’est l'arrestation, c'est la mort de monsieur d'Aibarel que redoute Frédérique? Ailes la trouver, dites-lui qu'Horaco ne mourra pas.
CLAIRE
Il éjiousera donc Franlzia?...
VAN bM.RERG.
Non... mais dans une heure, il partira, ii quittera la Hollande.
CLAIRE
Il partira, dites-vous?...