‹ Les orphelines de la Charité drame en cinq actesChapitre 57 sur 87 · HORACE , WILFRID · texte numérisé non relu

HORACE , WILFRID

HORACE

Monsieur Wilfrid !... vous vous êtes souvenu de notre cordiale rencontre, et sachant le malheur qui me frappe... le danger qui me menace, vous venez me teudre la main...

WILFRID, w tournai.

Vous vous trompez, monsieur, je viens vous dire ce que vous dirait sans doute le frère de mademoiselle Van Delberg, s'il était instruit du scandale provoqué par vous sous les yeux de sa sœur.

HORACE

Comment?

WILFRID

Ce que vous dirait à ma place tout citoyen de la Hollande connaissant votre conduite envers une orpheline de ce pays.

HORACE

Je ne vous comprends pas, monsieur... Veuillez vous expliquer, je vous prie ; mais n’oubliez pas que vous parles à un soldat, à un gentilhomme.

WILF1UD.

Je n'oublie rien, monsieur; je sais qu'un gentilhomme français n'est pas seulement un de ces brillants papillons de la cour de monseigneur le régent...

HORACE, <1*m« «ait gm*.

Prenez garde, monsieur Wilfrid.

WII.FRIU.

Un de ces aimables roués qui sc font un jeu de l'honneur des filles ; car, pour vous autres, en France, la séduction est vice de bonne compagnie.

HORACE, CaDioMat.

Où voulez-vous en venir?. ..

WILFRID

A vous dire, monsieur, que dans ce pays l’honneur des filles est sacré, et que lorsqu'une de ces filles n’a ni père, ni frère pour venir demander compte de son action à celui qui l'a séduite... il se trouve toujours parmi nous un homme de cœur qui prend en main la cause de l'orpheline, et qui, devançant la loi, vient dire à cet homme : Épouse ta victime sans bruit, sans débats judiciaires... ne livre pas au public le mystère de sa coupable faiblesse... ne la force pas à venir devant un tribunal témoigner de sa propre honte... épargne-lui ce second déshonneur. C’est la main sur ton cœur que lu me feras ta réponse, c’est la main sur mon épée que je suis prêt à l'entendre.

HORACE, réprimant un mon a eus tnt du colère.

Êtes-vous l'amant de Franlzia?

Moi!

HORACE

Non? En ce cas, si, comme je le vois, vous tenez à avoir un duel, cherche» un autre sujet de querelle, monsieur... Je ne vous tuerai pas pour une tille sans àine et sans cœur- je ne me battrai pas [mur l’honneur d’une Franlzia.

(Il gagne le coin de gauche.) WILFRID.

Même si l’on vous injurie?...

HORACE

Même si l’on m'injurie!

WILFRID

Même si l’on vous insulte?...

HORACE, famnt A droit*.

Même si l'on m’insulte!

WILFRID, loi jetant son fini au «taïga.

Et si l’on vous outrage?...

HORACE

Un soufflet!... (Bo»0i»mii wiiwd.) Misérable!

WILFRID, a** calwa.

Vous portez une épée, monsieur I

(Horace, «a «omble de la fureur, «’nrrfle soudain, et porte la main i» «ou épée.)

En garde, monsieur 1

WILFRID, tirant u montre.

Dans deux heures, je vous attendrai avec mes témoins à la petite porte du parc.

HORACE

Non... à l’instant, monsieur, à l’instant I

WILFRID

Un duel sans témoins, monsieur, ferait du survivant un assassin.

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