SCÈNE II
PAVILLON, p.» VAN DELBERG.
PAVILLON
Quelle pluie d'événements ! Des arrestations, des duels, des morts!... et c’est un voyage d’agrément que je fais là. J’ai peut-être eu tort de ne pas resterà Compïègne pour dîner avec ma femme... Elle lest laide, ma femme ; mais j’en suis quitte pour ne pas la regarder; elle m’écrit des douceurs, la malheureuse. (il Ur« une lettre de i» |*cA*.) Ah! non , C’est pas des dûU-
ceurs ça, c'est la lettre que ce scélérat de Wilfrid m’a remise en mourant... Une commission assez difficile. (l«ui r*dtr**« ta m irrni.) A mademoiselle Claire Van Noël... Je ne connais pas... et dedans, une dame Yolande Brünncr qui annonce à cette demoiselle la mort de sa petite Mina... Où trouver avec ça? où pêcher cette Claire Van lloél?
VAN DELKERC.
Bonjour, monsieur Pavillon.
PAVILLON, hIodI.
Monsieur le pensionnaire... (a iui-m.'®e.) Ah! quelle idée! U me fera ouvrir tous les registres de la police, lui, et à nous
deux, nous trouverons Claire Van Hoôl. (b m.) Monsieur le pcifeionnaire, je voudrais obtenir de vous un renseignement.
VAS DELBERG.
Je désire moi-même vous demander un petit service.
PAVILLON
Je suis fâché qu'il ne soit pas gros, monsieur.
VAN DEXM.RC.
De quoi s’agit-il?
PAVILLON
11 s’agit de cette lettre.
(Il 1 a lui présente du edld du cachet.
VAN DELBERG.
Une lettre...
PAVILLON
Qui m'a été remise au moment de sa mort, par ce Wilfrid Diétrich.
VAN DELBERG.
Wilfrid?
PAVILLON
C'est un secret très- important, comme vous le verrez, monsieur. Ce Wilfrid m'a dit de remettre ça à une femme que je ne connais pas... et...
VAN DELBERG, prenant la lettre.
Wilfrid! un traître que le ciel a puni, mais qui aura causé la perte de ce jeune homme, qui aura cause 1a mort de mon enfant.
PAVILLON
11 avait l’air de se repentir nu moment de s’en aller (il mou. ut it c»ei) et en me donnant cette...
VAN DELBERG.
Cette lettre... (n *■ ren n ubi«.) 11 se repentait, dites-vous; que le ciel lui pardonne alors, et qu'il ait pitié de Frédérique et de ma pauvre Claire.
(Il l’atiicd et jette U lettre eur la table.)
PAVILLON
Claire!...
VAN DELDE&G, «e reteuruat.
Qu’avez-vous donc?
PAVILLON
Pardon!... Claire, que vous avez dit?... Est-ce que... vous avez... une autre fille?..,
VAN DELBERG.
Claire, c'est le nom de ma femme.
PAVILLON
Ah bah!
VAN DELBERG.
Cela vous étonne?
Oui, parce que ce nom-là me fait l’effet d’un nom de demoiselle...
VAN DELBERG, tovriaoi.
Eh bien, mais... ma femme n’a pas toujours été mariée, monsieur Pavillon, et avant d'être Claire Vau Delherg... elle était Claire Van Hoêl.
pavillon, A p *n.
Claire Van Hoél!... Ah! mon Dieu! il s’agit de sa femme! (voyaui va b Deibcrg prenJw u icite*.) Monsieur! monsieur 1
VAN DELBERG.
Qu’y a-t-il?
PAVILLON, livrant.
Il me semble que vous aviez aussi quelque chose de pressé, de tiès-pressé à me demander ?
VAN DELBERG.
Oui, je désire que vous alliez trouver celle Frantzia, que vous l'engagiez à venir ici, aujourd'hui, tout à l'heure.
r A VILLON »'doig»« de h Ubl« cl MHitlle, par «es (cUpi, iu*ilcr Van DtlUfï À la rama.
Frantzia?... Permettez, permettez... si elle refuse... Elle peut refuser, n’est-ce pas?
VAN DELBERG, m Imnt.
Diles-lui que monsieur Horace sera chez moi : elle viendra.
PAVILLON
Oui, clic viendra... (n rajinie iMù«iri n i*um.) Et alors?...
• VAN DELBERG.
Ma femme tentera un dernier effort sur l’esprit du comte, et s'il consent au mariage avant que le jugement ne soit prononcé...
PAVILLON, In yrnv inr I* lotir*.
Monsieur Horace serait peut-être sauvé, mademoiselle Frédérique serait heureuse, et nous oublierions tout : les Diétrich, l’oncle, le neveu et celte lettre...
(Il fdit un pav pour aller la prendre*. Van Drlberg retourne b la Uble;
Pavillon, panant drnïire lui, s'élance de l’autre côté de la table.)
VAN DELBERG.
Cette lettre, je n'y songeais plus.
(Il va U prendre d’une main; Pavillon appuie la tienne deuue.)
PAVILLON
Pardon, monsieur, j’ai un scrupule...
VAN DELBERG.
Un scrupule?
pavillon.
Oui... C'était un mauvais gas que ce Wilfrid; mais enfin... il est mort., et... la dernière volonté d'un mourant, qu'il soit bon ou mauvais, c’est sacré, pas vrai?
VAN DELBERG.
Eh bfen?
Il m'a dit : Je vous confie ça... pour que vous le remettiez à mad... à... la demoiselle en question... Je vous confie ça, ça voulait dire : à lui. Pavillon, à loi sent— C'est peut-être un secret qui pourrait faire beaucoup de peine à une bravo cl digne femme et... à un brave et honnête homme!... (at«« •MNibUiid.) Et je crois qu’il vaut mieux que je cherche tout seul; je chercherai peut-être longtemps, mais, bah! je finirai par trouver, et je n'aurai fait de mal à personne.
VAN DELBERG.
Oui, vous avez raison... Vous êtes un noble cœur, monsieur Pavillon...
(Il m [brt, loiiunt U l«Ur« sur la table.)
PAVILLON, praauil vlrraral la teltra.
Merci!... (v »0 Deli>erc le remanie; Patiilna cocha la btln derrière lai.)
Merci de ce que vous me dites là, monsieur le pensionnaire.
(nattant l« lotira dam ta pacha, è pari.) Ouf ! j'ai Un fier poids de
moins sur la poitrine.