‹ Les orphelines de la Charité drame en cinq actesChapitre 69 sur 87 · VAN DEL» EAU · texte numérisé non relu

VAN DEL» EAU

Monsieur d'Albarel va venir.

FRANTZIA.

Alors, je vais l’attendre ailleurs.

CLAIRE

Notre présence vous est donc bien odieuse?...

FRANTZIA.

Mademoiselle Van Dciborg est cause de tous mes malheurs.

CLAIRE

Vous délestez ma fille, vous la bénirez un jour...

FRANTZIA , ilcwftdkul la »cen«.

Moi, madame?...

CLAIRE

Oui, vous la bénirez, car In pauvre enfant, au mépris de son amour, souhaite votre mariage avec le comte.

FRANTZIA, \i«eawM.

Alors, c'est qu'elle ne l'aime pas.

CLAIRE

Vous qui prétendez l'aimer, souhaiteriez-vous plutôt sa mort que son mariage avec une autre?

FRANTZIA, d'iut «oit «t famc.

' Oui.

VAN DELBERG.

Malheureuse!

CLAIRE

Quoi!... vous osez dire...

FRANTZIA.

Vous vous étonnez de cet ameur violent, terrible?...

PAVILLON, » mi-*oli.

Sauvage !... dites le mot.

FRANTZIA.

C'est que, chft vous autres, l'enfant apprend à aimer en apprenant à vivre... son cœur est émoussé pur la tendresse liliale, par l'amitié fraternelle, énervé par vingt années d'affection. Mais dans le cœur d une fille qui n’a jamais tressailli sous les caresses d'une mère, qui n’a jamais senti autour de son cou les petits bras d’une sœur ou d'un frère... daus ce cœur qui, à vingt ans, s'ignore encore, l’amour a le champ libre; il ne pénètre pas, il envahit; il ne rayonne pas, il brûle!... C’est la fièvre! c’est le délire! Ne demandez donc pas à ce cœur, né d’hier, de se plier à toutes vos conventions de gens heureux ! Il aime : il veut être aimé... voilà tout!

CLAIRE, M lomu

Si vous voulez être aimée, n'abordez pas le comte la tête haute ; faites qu’en vous voyant il n'aperçoive que votre douleur et votre repentir; et peut-être alors, monsieur d’Albarel, touché déjà des larmes et des prières de ma tille, consentirat-il à ce que vous alterniez de lui.

FRANTZIA.

Quoi ! c’est à ses prières, à elle, que je devrais la réparation que m'assure la loi? Non, non! votre ülie, je ne veux rien d'elle ; je la hais trop.

(Hani enlro.)

de la ciuurrÉ

CLAIRE

Vous la haïssez?

HANS, ikicend.u>t t U droite du pensionnaire encore ntalf, cl A ml-voit.

De l'hospice des Orphelines.

(Il lui remet tu. papier cl s'éloigne.) VAN DEL 11 ERG, à Fraotm.

Oubliez-vous que vous parlez devant une mère?

FRANTZIA.

Je n'oublie rien.

CLAIRE

Et vous osez...

FRANTZIA.

Je ne sais pas ce qui peut blesser le cœur d’une mère : je n'ai jamais eu de mère, moi; moi qui, le jour de ma naissance, fus maudite par la mienne !

CLAIRE

Votre mère?

FRANTZIA.

Elle m’a abandonnée sur la voie publique!

VaN DELBERG , qui a parcouru lo papier, remla par Ha J».

Que dit-elle donc?

Un passant plus charitable m'a ramassée et m’a portée à l'hospice de la Charité, (avbc udituum.) Voilà tout ce que je connais du cœur des mères.

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