‹ Les orphelines de la Charité drame en cinq actesChapitre 7 sur 87 · SCÈNE Y · texte numérisé non relu

SCÈNE Y

. W1LHELMINF., «»!•; pai. FRANTZIA.

t WILnfl.MI.NE.

Au château! Si l’on pouvait nt'y garder! si je pouvais devenir fille de compagnie de mademoiselle Frédérique, comme je srrais heureuse I mille fois plus qu'à tenir le comptoir de cet hôtel... Il n'y aurait pas dans tout la Haye une orpheline qui puisse jouter de bonheur et de grands airs aiec moi... même Frantzia, qui loge ici... («Ut «wiua Ij gaterir) et qui est si orgueilleuse d’être la comptable du coche de Huiler dam... Tiens, justement la voilà... Bonjour, Franlzia.

FRANTZIA, dbirail*.

Bonjour...

(Eli* rient i‘a«(*oir devant une table, Seaa un# tort# de tonnelle formée

pir le chèvrefeuille et le« volubili* qui grimpent de toutes parts à la

galerie.)

vriLHFJ.»tiNR.

Ton bateau est en avance, aujourd’hui.

FRANTZIA, 1« front »rW* wr w mal», « rc«arJ»ot iieraeoi devant elle.

Oui.

wiliielnim:.

Aviez-vous beaucoup de voyageur»?

FRANTZIA.

Non.

W1LRELMINE.

Oui... non... tu es bien sèche pour moi... Dirait-on jamais que nous avons été élevées ensemble à la Charité?

FRANTZIA , levant la tfl» «» MpitMit WilUflmlos avec

Qu’est -ce que cela prouve?... l/hospice est grand, les orphelines sont nombreuses; s’il fallait donner son cœur à tout le monde, on n’en aurait plus pour soi.

WILBELMINE,

Eh bien, on aurait celui des autres... et souvent on n’y perdrait pas.

FRANTZIA, Int louroan» le dos.

Pourquoi me parles- lu, puisque je suis si haïssable?

WILHELWN6.

Je te parle, parce que nous sommes de vieilles amies ; mais autrement, je le déteste...

(Fille pleurniche.)

FRANTZIA, l«i teodant la nui».

Pauvre fillette I

(Ella l'embraaee.)

les onriiEi.ijms de la chauité

WILUELMIRE, nl*>uci<5.

Merci, Frantzia. Tu n’as pas fail un mauvais voyage, n’estce pas?

fiurtzia.

Mais... non, au contraire...

WILUELMIRE, (OBcbint le p»ilt fiequet q»l*n »ar le UUe.

Dis donc, on t’a chargée d'une commission?

FftARTZIA.

Je ne fais les commissions de personne.

WIl.llELMlRB.

Mais alors... ce paquet?...

FRARTZIA.

Est à mol... curieuse!

WILUELMIRE, Kmmitl le pi^wl.

Curieuse, moi? Tiens 1 ça craque... on dirait que c'est do la soie.

FRARTZIA.

C'est de la soie.

WILItELMIRF..

Pour qui?

FftARTZIA.

Pour moi.

W1LHELMIRE.

Du taffetas?... quand tu ne peux porter, comme moi, que de la serge...

FftARTZIA.

. Oui, jusqu'à vingt et un ans, nous devons, c'est la loi, garder ce joli costume des anciens temps, cet uniforme gris et rouge... cet écriteau des orphelines adoptées par l’Etat; mais dans dix mois, j’aurai vingt et un ans.

wilhelsure.

El dans dix mois , tu seras assez riche pour porter de la soie?...

FIARIZ1A.

Je puis me marier...

WJLHF.LM1RK.

Avec un haron, comme a fait Gertrande, notre ancienne camarade?

# FftARTZIA.

Pourquoi non?

WILUELMIRE.

C’est que Gertrande, sans vouloir le faire tort, est joliment jolie !

FftARTZIA.

J’ai été remarquée tout à l’heure par un jeune homme qui vaut bien le baron de la Gertrande.

WILHELMIRB.

lin jeune homme a osé te faire la cour?

FRARTZIA.

Oui, sur le bateau... un étranger.

WILHCLM1RE.

Un étranger? Ah! c'est donc cela!... il ne savait pas qu’il s’adressait à une fille de l’Etat... Et que t’a-t-it dit?

FftARTZIA.

Il uc m’a pas parlé; mais ses yeux disaient bien deschoses...

Vlil.UEI.MtRE.

11 n’uurait peut-être |kls su ■'exprimer autrement, s'il est étranger...

FftARTZIA, nmoaiaal «et» la fond.

11 parle français, comme tout le inonde ici.

WILUELMIRE.

Ah l c’est un Français?

FftARTZIA.

Un officier de marine...

WILHELM KE

C’est gentil, un marin !

FftAKIZIA, réveilla.

Il est comte, ilavingt-cinqansct cinquante mille écttsdc renie.

(Elle ta ratticJ à gauche.) WtLHEUURB.

11 t’a dit tout cela... rien qu’avec ses yeux?...

FftARTZIA.

Non, il royage avec un gros homme tout doré, cl qui est très-bavard.

WILUELMIRE.

Tout doré et très-bavard... ça doit être son domestique... On dit qu'en France les domestiques sont tout dorés... quant à être bavards, ils le sont partout.

. FftARTZIA.

Celui-là semble très-empressé auprès du comle, mais il # ; n'est pas son domestique; il l'appelle monsieur... monsieur ! Pavillon, je crois...

WIIJIELMIRK.

Ce comte, tu ne le revernis jamais.

F1AMZIA.

Peut-être... Son compagnon do voyage m'a priée de lui indiquer une bonne hôtellerie.

Wn LUE LUIRE.

Et naturellement, tu as parlé de la Cortie d'or.

FftARTZIA.

Par intérêt pour monsieur Peters.

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