SCÈNE II
Les Mènes. DIÉTRICH.
DIÉTRICH.
Je viens, monsieur, accomplir un ri^nirenx devoir.. La loi exige que l’homme condamné po. la faute dont vous vous êtes rendu coupable, soit une dernière fois, en présence d’un magistrat et d’un prôlre, confronté avec sa victime, afin que s’il refuse toujours la réparation que U sentence lui impose, la condamnation devienne exécutoire dans les vingtquatre heures. #
PAVILLON, • part.
Eiécutoire? On verra cette nuit.
■oa ACE.
Monsieur, ma détermination est irrévocable ; cette formalité est donc inutile.
PiÉvnicn
Je ne serai pas moins forcé de la remplir... Nous l’ajournerons à demain, si vous ta désirez; mais avant de me retirer, je veux adresser quelques mots à monsieur.
pavillon.
A... à... moi?...
DIÉTRICH.
J'ai à vous entretenir de choses ut Pt graves.
PAVILLON, * par'.
Il me fait trembler! (n»«t.) Mais je n’ai séduit aucune fille rouge et noire, moi, monsie îr.
diétrich.
Vous avez, peut-être, tenté d'autres séductions?
HORACE, A fi utile.
Que sigTiitiet...
PAVILLON, •• •RI**
Jamais... Ah ben oui! dans ce pays-ci, merci...
DiÉTHlCH.
N'avez-vou» promis ou donné d'argent à personne?... PAVILLON, «rouble.
De... de l'argent? Non, non.
DIÉTRICH.
Et du papier sur la banque d'Amsterdam?
PA VU AON.
Aie!
DIÉTRICH.
Par exemple, cinq mille florins au portier de la maison d’ar rêt, pour qu’il rie regarde pus de trop près les gens qui pourront, aujourd’hui, entrer et sortir jiar le petit guichet ?... pavillon.
Pincé !...
DIÉTRICH.
Vingl-dnq mille florins à partager entre les sergents , les hommes de service aujourd’hui; dix mille florins au cantiuicr pour échanger son costume « outre celui d'uu prisonnier, et cent mille florins enfin au geôlier de la prison, pour, qu'au prix de sa vie, il se Tasse le complice d’une évasion?...
PAVILLON, » part.
Les traîtres m’ont vendu!
ULTRICH.
Toute» ces sommes sont là, dans celle enveloppe; veuille* les reprendre.
HOIUCE.
Eli quoi! monsieur Pavillon, vous vouliez...
Oui, tout cela est vrai, et je demande pardon...
Dii-rrRtcji.
Ab ! vous demandez pardon... vous vous repentez?...
LES Olll'lll'.LIMM I>B LA CHARITÉ
SI
PAVILLON
Oui, je; me repens... de n'avoir pas réussi.
* DIETRICH
Nierez- vous que vous soyez coupable?
PAVILLON
Très-coupable... j'aurais dû leur offrir davantage.
nüiuai.
Je ne veux pas que Ton me croie animé d’aucun sentiment de haine ou de vengeance. Reprenez donc votre argent... Cette tentative de corruption restera impunie; mais vous allfti promettre du ne pas la renouveler, ou smum..
pavillon.
Vous voulez que je m’engage à rester les bras croisés pendant que vous ferez tuer ce pauvre jeune liouune?
Monsieur Pavillon...
pavillon.
Allons donc, allons donc! je ne promets rien du tout, au contraire!... J'ai échoué une fois, je recommencerai vingt autres. Pour sauver monsieur d’Aiburet, j’achèterai, si je peux, tous les portiers, tous les guichetiers, tous les gardien», tous les soldais et toute la république de TIloHandc. Vous êtes prévenu, monsieur, faites-moi pendre si vous voulez...
Dlf.tRICB.
Prenez garde, monsieur.