‹ Les orphelines de SaintSever comédievaudeville en un acteChapitre 44 sur 87 · SCÈNE il · texte numérisé non relu

SCÈNE il

DANIEL, BERTOM.

DANIEL

Je veux... je veux ne plu» voir un homme que je hais auprès d'une femme que j'adore t

BF.flTON.

Tu vas tout perdre, te dis-je ! Forcée de renoncer à sou illusion, Anna peut eu mourir !

Anna n'est plus h, mou père! je peux bien laisser mon cœur pleurer dans le vôtre, laisser crier mon désespoir t Anna existe, un monde nouveau semble ouvert pour elle!.. Les feuilles sont tombées, l'hiver a passé, voici le printemps revenu .. et elle, pauvre tille, que vous aviez condamnée, est plus que jamais vivace et joyeuse! tandis que tnoi...

BERTON

Je lu crois sauvée! mai» je crains toujours ces longs évanouissements qui peuvent lui être nu 'r Lis! i ai peur nu il suffise encore d'une émotion vive pour briser le U1 qui l a rattaché*.’ à la vie.

DANIEL

Oh! mon Dieu!

BP.RTON, «•nli»ua»t.

Et j'attend» une crise, dont l'taiie donnera rai -on A mon trait ruent, et nous rendra définitivement celte existence tant menacée, ou bien noua la prendra pour jamais.

DANIEL

OU ! mentir! encore mentir’ dire à Anna : nui je vous aime, en présence d'Adèle qui m'entend, quand c’est à elle que mon cœur s'adresse, et surtout quand il est là. ce Raoul, tout radieux d'e>poir; mais vous me rappelez que je le priais de m'attendre... et que voici l'heure*. -

BF.RTON.

Maiscequifctu me fais pressentir m'pflraye! Raoul est ton plus vieux camarade c'est un cœur si loyal.

DANIEL

Ne me le rapp- le* pas, mon père! Non, voyez-vous, une fois qu'on a trompé et fait mentir un sentiment naturel, tour le* autres sentira.' ut* sont troublés. Je ne sais plus ce que c'est que l'amitié, puisque je ne dois plu* savoir ce* que cest que l'amour !

BJTRTON.

Rien n'est perdu! calmc-toi, et pour pouvoir te calmer, uppnmds ce que je t’allais dire de Raoul, quand lu m'as interrompu. Sûr que l'institut allait te décerner le grand prix de Rome, et qm* tu en recevrai» sans doute la nouvelle aujourd’hui, il a réuni les musiciens qui ont exécuté sa cantate, et ici, tantôt, il veut te donner une sérénade. Son succès veut se joindre au tien, son talent glorifier ton talent! Nu réputé doue pas, Datiiel, que tu ne sais plus ce que c'est que l'amitié!

DANIEL

Ah! Il est aussi certain de ma nomination.

bkrton, a pan*

L'artiste qui »e réveille!

DANIEL

Je veux au moins lui prouver ( impossibilité de son mariage avec Adule, ut quand je lui aurai tout dit...

Bt-RTON.

Mais je ne t’ai pas délié du ton ferment ! Non t cV*t moi qui le verrai et qui effacerai l'effet de ta lettre, car la |aiou>ie rendrait tes paroles amères et pourrait amener... un malheur.

DANIEL, J'»» ion Jliniri(«.

Eh bien ! allez, mon pere, albz ! Mais, quoi que vous fassiez, hélas! j'ai bien peur que vous ne puisiez plus me reodre uton bonheur perdu!

DANIEL, Iftt «iplaiiM.

Ahl je respire!., quelle existence I quelle atroce comédie I RhRTON.

Pauvre Daniel!.. Ecoute-moi m<m ami, et tu verras que lu P"ux trouver dans Ica amitié» qui l'entourent la force ae patienter encore un peu dans cettu épreuve.

DANIEL-

Que voulez-vous m’apprendre?

BERTON

Raoul, en effet, tarde bien aujourdhui. Je puis te confier pourquoi.

DANIEL

Je sais mieux que vous, mou père, la cause de ce retard... et il ne viendra plu», ce rival que je déteste I Bill TON.

Il ne viendra plus?

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