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core les bœufs, kes charrues, le matériel agricole à fournir à quarante ménages.
Toutes nos ressources disponibles y ont passé; nous ne nous sommes arrêtés que lorsque nous avons vu que nous allions faire des dettes. C'est une loi sacré que je me suis imposée de n’en point avoir autant pour l'honneur de mon ministère que pour la sécurité de nos œuvres dans l’avenir. Plutôt que d'en contracter et de nous placer ainsi entre les mains de créanciers qui pourraient ruiner notre œuvre, nous nous sommes imposé, dans nos orphelinats et nos stations de missionnaires, les privations les plus dures.
Mais ce premier village, qui déjà exisle, est aujourd'hui insuffisant: nous avons d’autres jeunes gens baptisés qui attendent et qui demandent le même bienfait. Il a donc fallu entreprendre, cette année même, la création d’un second village pour recevoir les nouveaux ménages qui vont se former. Après ceux-là d’autres viendront à leur tour, car les enfants arabes que nous avons pu recueillir et que la charité nous a permis d'élever dans la Religion Catholique sont presque au nombre de huit cents. Qui pourrait dire et prévoir les fruits d’une telle œuvre si ce nombre pouvait être augmenté.
Ce ne sont pas certes les orphelins ni les enfants abandonnés qui nous manqueraient ; les tribus en sont pleines, et les missionnaires dans toutes les stations où ils se trouvent, sont même obligés, faute de ressource, de refuser ceux qui se présentent d'eux-mêmes ou qui sont offerts par les tribus! c’est là sans Contredit l’épreuve la plus pénible au cœur de l’apôtre. IL lui est dur en effet de se trouver dans l'impossibilité d'ouvrir à l'enfant malheureux et délaissé la porte de sa demeure comme celle de son cœur, afin de lui donner le double bienfait de l’assistance matérielle et de la naissance spirituelle à la vraie Foi.
Telle est l’œuvre que nous voudrions faire aujourd’hui, et que nons osons proposer aux familles aisées, aux maisons d’é-
ducation, aux communautés religieuses, d'entreprendre avec nous.
Jusqu'à ce jour, c’est grâce aux aumônes de la charité catholique que nous avons pu recueillir, et ensuite nourrir, vêtir, élever nos enfants, acheter les terres sur lesquelles ils sont établis, bâtir le premier village qu’ils habitent, le second qui leur est destiné, pourvoir en un mot aux nécessités du présent, et dans une certaine mesure à celles de l’avenir.
Est-ce que la Charité, mère de notre œuvre, ne pourrait pas la généraliser encore, et multiplier ces fruits de salut qui déjà commencent à se produire dans cette pauvre Afrique, partie si intéressante, mais si longtemps abandonnée, du jardin de l'Eglise ?
Telle est la question qui bien souvent nous est posée.
La réponse n'est pas douteuse si mes lecteurs ne consultent que la générosité de leur cœur et le zèle de leur foi.
Ils apprécient trop en effet les libéralités de toutes sortes dont ils sont l’objet de la part de Dieu pour que leur âme reste dure et insensible en face du malheureüx état de ces peuples moins favorisés.
J'ai donc pensé que ces pauvres petits Arabes pourraient trouver un père, une mère d'adoption parmi les pieux chrétiens d’un pays si catholique, si privilégié.
Combien n’y en a-t-il pas, en effet, pari eux, que Dieu a favorisés des biens de la fortune et qui ne cherchent que l’occasion d’en faire un bon usage ?
Cette occasion elle se présente ici, avec toutes les conditions qui peuvent la rendre digne de leurs sympathies.
Si ces pauvres enfants dont je plaide la cause étaient adoptés, quels résultats immenses seraient obtenus, et pour eux, et pour la régénération de ces malheureuses contrées, où le démon, pendant douze siècles a pu régner en maître souverain!
Ce que je propose tout d’abord, c’est de sauver de la mort éternelle de jeunes infidèles, doublement délaissés, à qui cependant il est plus facile d'enseigner la vérité, et, avec eux, de sauver peut-être l'avenir de toute leur race.
Ces enfants seront, en effet, les prémices de la rénovation de leur peuple, des prémices, qui après tant de siècles de barbarie, se trouveront placés par la Providence entre les mains d’une religion, qui, pour la plupart, fut celle de leurs pères (1).
Et pour assurer cette œuvre, il suffit que quelques familles chrétiennes, quelques communautés, quelques maisons d’éducation adoptent, chacune, un de ces enfants, en nous fournissant les ressources nécessaires pour les recevoir dans nos maisons où nous pourrons les former à la vie chrétienne, leur donner
(1) Les deux tiers de la population indigène du Nord de l’Afrique appartiennennent à la race Kabyle ou Berbère dont les ancêtres étaient chrétiens.
des habitudes de travail, afin qu’ils deviennent à leur tour le noyau d’une population indigène régénérée et transformée.
J'ai hâte de le dire, les frais nécessaires à une si belle œuvre ne seraient pas bien considérables.
Chacun de nos orphelins dépense, tout compris, environ $3.00 (16 fr.) par mois, soit 840.00 (200 fr.) par année.
Quand ils nous arrivent, ces pauvres enfants ne sont ni assez forts ni assez habitués à la culture pour nous permettre de trouver dans leur travail de quoi fournir à leur subsistance. 11 s'écoule toujours à peu près cinq années avant que nous obtenions un résultat si désirable.
Ce serait donc pour chaque enfant qu’on voudrait sauver en lui procurant le bienfait d’une éducation chrétienne, $200 une fois pour toutes, ou en cinq annuités, soit 840 chaque année pendant cinq ans.
Quoique éloigné de ses bionfaiteurs, l'enfant adopté serait mis immédiatement en relations avec eux. Nous enverrions aux bienfaiteurs le nom arabe, l’âge, la petite histoire et le portrait photographique de l’orphelin placé sous leur protection spéciale. Ils seraient priés de désigner le nom chrétien qu'ils désireraient lui voir porter désormais. Les enfants leur écriraient lorsqu'ils sauraient écrire. En un mot, leurs parents adoptifs pourraient les suivre de loin durant le temps de leur éducation, et les voir arriver ainsi à l’âge où ils se suffiront par eux-mêmes, où ils seront vraiment sauvés.
En outre, les personnes, les familles ou les communautés qui prennent ainsi à leur charge un de ces petits infidèles pour le sauver, sont de droit bienfaitrices (1) de l’œuvre des missions d'Afrique. Ce titre les lie à l'œuvre à perpétuité. Pendant leur vie et après leur mort ils ont part aux prières et aux bonnes œuvres qui se font dans la mission dont ils ont été les protecteurs, aux mérites de ceux qui y travaillent, et, devant Dieu, au salut de l'enfant qu’ils auront adopté, et qu’ils contribue. ront ainsi à sauver de la mort éternelle.
J'ai la confiance que cette pensée trouvera de l’Echo dans beaucoup de cœurs catholiques de ce noble et généreux pays.
Quelle source de grâces et de bénédictions ce jeune Maho.
(RE diplôme d'aggrégation leur conférant ce titre sera délivré à tous nos Bienfaiteurs.
métan, ainsi racheté et devenu chrétien, attirera sur ses bienfaiteurs !
Pères et mères de familles qui travaillez avec tant de sollicitude à augmenter l'héritage de vos enfants, songez que le meilleur héritage que vous puissiez leur laisser est celui de la Foi, car ce n’est pas la fortune qui rend heureux, mais seulement la paix avec soi-même et avec Dieu. Or, quel moyen plus assuré de conserver la Foi dans vos cœurs et au sein de vos familles que de la faire procurer à de pauvres petits Infidèles qui en ignorent les bienfaits? Songez aussi que cette aumône qui vous est demandée ne lèsera pas vos intérêts, car l’aumône (surtout celle qu’on fait pour le salut d’une âme) n’a jamais appauvri. C’est au contraire, l'expérience le prouve, le secret de rétablir et d'assurer le succès de ses affaires temporelles.
Et vous que la douleur a visités, en enlevant à votre affection un père ou une mère, un frère ou un enfant, une sœur ou un époux, vos pensées tournées vers le Ciel demandent à Dieu miséricorde pour celui qui n’est plus. Vous pouvez, si vous le voulez, associer à vos prières la prière innocente d’un enfant, où plutôt vous pouvez faire de cet enfant une prière vivante et perpétuelle sous le regard de Dieu, en le sauvant, en faisant revivre en lui le nom que vous aimiez et qui est aujourd’hui l’objet de vos larmes.
Que d’autres encore, poursuivis par d’autres sujets d’inquiétudes ! Que de cœurs de mères pleins d’angoisses pour l'avenir de leur fils ou de leur fille! Elles peuvent offrir à Dieu, dans l’un de ces petits abandonnés que nous demandons à recueillir en son nom, comme la rançon de leur enfant, et je ne craindrais pas de leur dire ce qu’un vieil évêque de cette même Afrique disait autrefois à la mère d’Augustin : ‘ Il est impossible que le fils, non pas seulement de vos larmes,'{mais de votre charité, ne soit pas protégé de Dieu.”
Je compte aussi, pourquoi ne le dirai-je pas en terminant, sur le concours des enfants chrétiens. Ils font des prodiges de charité pour les petits enfants de la Chine, et ils ont raison. Pourquoi n’en feraient-ils pas aussi pour les petits infidèles de l'Afrique, qui sont encore plus malheureux et plus délaissés.
Sans doute ils ne sont pas assez riches, la plupart du moins, pour adopter, chacun, un orphelin; mais dans leurs écoles, leurs pensionnats, leurs colléges, ils pourraient se réunir sous
la direction de leurs maîtres ou de leurs maîtresses, dont le zèle comprendra la grandeur et la beauté d’une telle œuvre. Avec quelques centins par mois, s'ils sont assez nombreux, ils auront ainsi leur petit protégé auquel ils donneront son nom chrétien, et dont le portrait et l’histoire leur seront envoyés.
P. S.—Pour demander d'adopter un enfant, s'adresser :
1° Soit à M. Dufresne, Chanoiïne à l’'Evéché de Montréal.
2° Soit à M. Martineau, au Séminaire de Montréal.
3° Soit aux RR. PP. Charmetant et Delattre.
49 Soit directement au Supérieur des Missions d'Afrique, rue du Faubourg St. Honoré, 248, à Paris.
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