INTRODUCTION
Dans le groupe des ostéopathies hypertrophiantes, la maladie de Paget tient la première place, de par son allure clinique et sa fréquence. Sous son aspect clinique typique : ostéopathie progressive déformante généralisée, le diagnostic est facile. Mais à côté de celle-ci, il existe un grand nombre de formes frustes, atypiques, localisées, mono-osseuses. Ce sont elles qui posent les problèmes diagnostiques et pathogéniques les plus intéressants.
Il est'souvent difficile de différencier cette affection des autres ostéopathies. Ainsi que le disent LERICHE et PozicARD : « Aucune idée pathogénique ne rattache entre elles ces différentes maladies qui, cependant, ne peuvent être toutes spécifiques. Nous ne savons rien de ce qui les cause, rien de la façon dont elles prennent naissance, rien du mécanisme de leur évolution... S’il en est ainsi c’est, évidemment, parce que nous continuons à vivre, en matière de physiologie osseuse, avec des idées fausses,
et sur des concepts rudimentaires, en laissant de côté les notions nouvelles récemment acquises sur la vie même du tissu osseux. »
Par l’étude des malades que nous avons pu observer dans le service de notre maître le Docteur Huc, à l’hôpital Saint-Joseph, il nous semble pourtant qu’une idée pathogénique assez précise puisse être émise à propos de ces formes localisées monoosseuses de Paget, que nous appellerons os pagétoïdes. Nous avons été amené à penser à une étiologie vasculaire. Ces formes seraient dues à un trouble fonctionnel (sclérose ou spasme) de l’artère nourricière de l’os.
Après avoir donné un aperçu clinique de ces os pagétoïdes, nous expliquerons cette pathogénie en nous basant sur des données anatomo-pathologiques, radiographiques, physiologiques et thérapeutiques.