ÉNERGIE PERDUE SOUS FORME DE CHALEUR
que est plus grande, ce qui conduit à supposer que cette dissipation est due surtout à la chaleur de Joule.
En effet, nous avons vu (paragraphe 119) que la chaleur
acine
de Joule est proportionnelle à i /l? c'est-à-dire à la r
carrée de la résistance spécifique.
D'autre part, nous avons vu, dans le même paragraphe, que cette quantité de chaleur est proportionnelle à s/^)., ce qui conduit bien à assigner aux points correspondant aux métaux magnétiques, fer et nickel, la place qu'ils occupent en effet sur la figure.
La quantité d'énergie perdue est la somme de celle qui est perdue par rayonnement et de celle qui est transformée en
/ï chaleur. Cette dernière étant proportionnelle à i / r-' on peut
poser :
a étant la valeur du décrément logarithmique ou coefficient d'affaiblissement. Le terme aQ, correspondant au rayonnement, ne dépendra probablement pas du métal, c'està-dire sera indépendant de X.
Construisons une courbe en prenant pour abscisses
les valeurs de --= et pour
ordonnées celles de a; nous
FiG. 62.
devrons obtenir une droite :
la courbe véritable se rapproche en effet d'une droite {/ig. 62).
En prolongeant cette droite jusqu'à son point de rencontre avec 0?/, on aura a^.
M. Bjerknes a ainsi cherché pour chaque métal la proportion de l'énergie perdue qui est transformée en chaleur.
Pour le cuivre, par exemple, on trouve que les - de l'éner-
gie perdue le sont par rayonnement, - étant transformé en
chaleur,
. Pour le platine, - par rayonnement, ^ en chaleur.
Pour le fer, il y a une certaine quantité d'énergie perdue à cause du phénomène de l'hystérésis : il est difficile de se rendre compte de son importance.
124. Expériences de M. Bjerknes sur l'épaisseur de la couche superficielle. — M. Bjerknes a complété ses expériences en cherchant l'épaisseur de la couche superficielle où le courant pénètre dans les différents métaux. Pour cela, il dépose électrolytiquement à la surface dumétalconstituant un résonateur une couche d'un autre métal, dont il augmente l'épaisseur jusqu'à ce que le résonateur se comporte comme s'il était formé de ce second métal.
Par exemple, répétons les expériences précédemment décrites au moyen d'un résonateur de fer : on obtient une certaine déviation ; recouvrons le résonateur d'une couche de cuivre et répétons à nouveau les expériences : la déviation est plus grande que tout à l'heure et elle augmente à mesure que l'épaisseur de la couche de cuivre augmente, jusqu'à ce que celle-ci atteigne une certaine limite, à partir de laquelle la déviation reste la môme, et est celle qui correspond à un résonateur de cuivre. C'est que la perturbation
EXPERIENCES DE M. BJKRKNES 267
ne pénètre pas plus loin et l'épaisseur limite est celle qui
correspond au cuivre.
M. Bjerknes a ainsi trouvé pour le cuivre — de millimètre
environ ; pour le fer, jt;— ,^ de millimètre.
Ainsi, pour les métaux magnétiques, la pénétration est plus faible que pour les métaux non magnétiques, ce qui est bien d'accord avec le résultat de la théorie (paragraphe 116).
125. Autres causes d'amortissement. — Nous avons jusqu'ici considéré seulement l'énergie perdue par rayonnement et celle qui est transformée en chaleur. M. Tesla attribue une certaine importance à la déperdition de l'électricité par les molécules gazeuses, notamment dans le cas des courants à haute fréquence, et il pense que cette cause d'amortissement a dû influer sur les résultats obtenus par M. Bjerknes.
Mais M. Tesla a opéré avec des différences de potentiel très considérables ; il est probable que les pertes par convection n'ont pas eu une grande influence dans les expériences de M. Bjerknes.
Tout au plus pourrait-il y avoir une déperdition de cette nature aux extrémités du fil, qui constituent des espèces de pointes et peut-être trouverait-on là l'explication des perturbations aux extrémités que nous avons signalées au n*^ 110, On pourrait tenter des expériences en plongeant les extrémités du til dans un diélectrique autre que l'air et en voyant si ces perturbations disparaîtraient. Cela est d'ailleurs peu probable.