‹ Les Ostéomes de l'OrbiteChapitre 16 sur 30 · La Semaine médicale, 1890, page · texte numérisé non relu

La Semaine médicale, 1890, page

ser tout autour de la partie saïllaute, un sillon profond, pédiculiser artificiellement la tumeur et, finalement, la faire sauter en me servant d’un levier. J’opérai de la même façon pour le côté gauche... ».

« Les parties enlevées, friables, légères, et comme poreuses, ont été examinées au laboratoire de M. le professeur Malherbe, elles ne contiennent nulle trace de sarcome et sont entièrement constituées par de los qui offre les altérations de /’ostéite raréfiante sur lesquelles nous n'avons pas à insister... »

Nous croyons que pour diagnostiquer ces deux affections il est préférable de se servir du procédé de M. Nélaton père.

Dans ce but on se sert d’une aiguille à acupuncture, si on n’en à pas à sa disposition, on prend une aiguille fxée par une pince ; on la tourne et on la fait descendre doucement jusque sur le squelette ; si c’est une ostéile raréfiante ({éontiasis ossea), le tissu osseux cède très facilement sous l'aiguille et on continue à pénétrer, Il n’en est pas de même s’il s’agit d’un ostéome. Là on est arrêté par une plaque dure et si on arrive à en vaincre la résistance, c’est au prix d’un effort réel (Richet).

Lorsque. la léontiasis est bilatérale, et qu’elle a pris une grande extension, le diagnostic est beaucoup plus facile.

Diagnostie du lieu d'implantation et de l'étendue de la tumeur.— Le diagnostic du lieu d'implantation est dans la plupartdes cas impossible. Prenons par exemple le cas le plus fréquent : l’ostéome fait son apparition à l'angle interne de l'œil, Vient-il de l’unguis, de l’ethmoïde ou de l'os frontal ? S'il a pris son origine à los frontal, s'est-il développé d’abord à Pintérieur du sinus frontal, à sa paroi antérieure, ou postérieure, ou bien y a-t-il pénétré après s'être formé dans le

diploé de l’os ? Autrement dit est-ce un ostéome du sinus

ol — frontal ou bien une exostose ? c’est peut-être la lame externe du frontal qui lui a donné naissance, Ce serait donc une « exostose ».

La même question pourra être posée à propos de l’ostéome partant de l’ethmoïde. Mais comme nous l’avons démontré déjà, les ostéomes nés de l’unguis ou de l’ethmoïde se propagent rapidement vers le frontal et inversement.

S'agit-il d’un ostéome de la paroi supérieure de l'orbite, alors il sera fort difficile de diagnostiquer s’il vient du sinus frontal ou bien si c’est une enostose ou une exostose. Même en faisant saillie du côté externe de la paroi, il peut venir du sinus, comme l’a observé M. Coppez.

Les ostéomes de la paroi inférieure de lorbite peuvent tirer leur origine de l’ethmoïde (sans que rien ne nous permette de la diagnostiquer) ou de l’apophyse montante du maxillaire et des autres os. La cavité d'Higmore complique le diagnostic, car l’ostéome peut venir de là ou y pénétrer du dehors.

Bref, à mesure qu’on a appris à reconnaître les ostéomes el qu’on en a publié les observations, on a constaté davantage que le diagnostic du point d'implantation ne peut jamais

être posé d’une façon catégorique. Souvent il ne le sera même pas lorsque l’ostéome aura été enlevé, car on ne peut affirmer que lorsqu'il a envahi plusieurs os, il ait débuté par tel ou tel autre. D’ailleurs, étant donné qu'il est bien rarement à l’état d’enclavement et qu’au contraire il fait masse avec les os environnants, cette question n’a pas d'importance pour l'opérateur comme elle en avait autrefois lorsque prévalait l’opinion de Dolbeäu, On croyait que, le point d’implantation connu, on pouvait enlever l’ostéome sans aucune difficulté.

Ce qui intéresse surtout l’opérateur, c’est l'étendue de là

tumeur osseuse, Il va de soi que c’est le palper avec la pulpe du doigt qui renseignera le chirurgien. La rhinoscopie antérieure et postérieure permettra de dire quels sont les rapports de l’ostéome et des fosses nasales. L’éclairage du sinus frontal sera utile aussi.

Enfin, la radiographie peut rendre de grands services. Elle peut compléter les données de la transillumination et dans notre cas, nous nous en sommes servis avec succès. Il faut toujours se rappeler que dans la grande majorité des cas, les limites entre l’ostéome et les os environnants se confondent et que parfois le chirurgien, arrivé à la périphérie de la tumeur qu'il reconnaît être l’ostéome, hésite à dire s’il a dépassé la néoplasie osseuse ou bien s’il se trouve encore en deçà. En général, il vaut mieux admettre que les limites de l’ostéome se trouvent de 1 à 2 c/m. au delà de la surface qui paraît lui appartenir. De cette façon, on évite certains mécomptes opératoires sur lesquels nous reviendrons au chapitre spécial. Mais, se demandera-t-on, l'ostéome a-t-il déjà pénétré dans la cavité cranienne ? Iei rien ne nous permet de poser un diagnostie exact avant l'apparition des symptômes cérébraux. Nous rappellerons l'observation de M. Panas, concernant une jeune fille de : 18 ans dont l’ostéome avait déjà perforé la dure-mère el où: « Jamais il n’exista aucun signe pouvant faire soup-

conner la pénétration de la tumeur dans le crâne ».

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