‹ Les oubliés et les dédaignésChapitre 40 sur 42 · Confessions de J.-S. Quesné ; 2 vol. in · texte numérisé non relu

Confessions de J.-S. Quesné ; 2 vol. in

a pour créanciers tous ceux qui ont eu la sottise de lui prêter de l'argent! Et à qui n'en a-t-il pas emprunté? L'auteur du Comte de Commingcs devrait être immensément riche, et les raisons de sa pénurie habituelle sont un problème que nous n'entreprendrons pas de résoudre. »

C'est là, en effet, ce qui a toujours et vivement intrigué le dix-huitième siècle et une partie du dixneuvième : où a passé tout cet argent? qu'a fait Baculard de tant de petits écus? à quelles œuvres mystérieuses les a-t-il employés? Les buvait-il ou les mangeait-il ?

Ses autographes sont aussi nombreux que les grains de sable du rivage de la mer, mais ils se ressemblent tous : ce sont invariablement des demandes d'argent. Nous choisissons, entre cent, une lettre qu'il adressait à M. Necker, parce que c'est le modèle sur lequel sont copiées les autres. Elle est tirée de la collection Lucas-Montignv :

« Paris, 17 juin 17 90.

« Monsieur,

« C'est au bienfaiteur de la France, c'est à mon bienfaiteur que j'écris. Oui, monsieur, vous m'avez donné des marques de sensibilité1 qui resteront gravées dans mon cœur jusqu'au dernier soupir. J'ai prié madame l'ambassadrice, votre fille, de vous présenter mes larmes2; ce sont mes pleurs mêmes

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