‹ Les oubliés et les dédaignés: figures de la fin du XVIIIe siècleChapitre 13 sur 37 · ET DÉCIDÉ A TOUT · texte numérisé non relu

ET DÉCIDÉ A TOUT

Heureusement que la politique n'absorbait pas d'une façon absolue les moments du Cousin Jacques. Improvisateur sans cesse en éveil, il inondait littéra* lement de ses productions tous les théâtres : la Petite Nanette , les Deux Charbonniers, Magdelon , le Grand Genre , r Habit de noces , Turlututu empereur de Vile Verte , etc. Cette dernière pièce n'est pour ainsi dire qu'une seconde édition de Nicodeme dam la Lune^ et je la trouve préférable ; j'engage les amateurs à se la procurer. Lorsqu'il fut question de l'établissement du théâtre du Vaudeville, les fondateurs, dans leur prospectus, ne nommèrent que quatre auteurs parmj eeux dont le talent prévenait le mieux le public: Piis, Radet, Desfontaines et le Cousin Jaoques.

Un de ses grands désespoirs a été de n'avoir jamais pu faire rien recevoir à la Comédie française.- Régu* lièrement il envoyait au comité une pièce tous les ans, et tous les ans le comité refusait sa pièce à l'unanimité. Sur les derniers temps, le Cousin Jacques accompagna l'une d'elles d'une épître un peu caustique; en voici quelques vers :

Je me suis armé de courage.

Car vous allez, suivant l'usage, Employer dix ans à savoir Si vous en ferez la lecture.

Pendant dix autres Ton assure

Qu'au premier jour il faudra voir

Dix ans après, quelqu'un peut-être .

En me voyant se souviendra (S'il peut alors me reconnaître)

De ma pièce, et puis se dira :

Il faut s'occuper de cela.

Dix ans encore plus de délais :

Vous y songerez, ou jamais.

Autre siècle, autre caractère.

Les goûts changent avec le temps.

Mais priez bien vos descendants D'avertir alors le parterre Que depuis trente ou quarante ans L'auteur est mort sexagénaire.

Pourquoi fallut-il que le Cousin Jacques s'avisât une dernière fois de rentrer dans la politique par cet incohérent Dictionnaire néologiqve des hommes et des choses^ dont les premiers numéros parurent en Tan Yiii ? Quel démon le poussait à recommencer ses doléances sur le régime de la Terreur, alors que la Terreur n'existait plus? La police, qui faisait tout son possible pour étouffer de douloureux souvenirs, arrêta la publication de ce livre à la lettre G, après l'article Côtes-du^-Nord.

La collection de ce Dictionnaire^ qui paraissait par livraisons, forme trois gros volumes de plus de 500 pages chacun , imprimés sur deux colonnes. Les deux derniers surtout sont d'une extrême rareté; Pouché les fit mettre au pilon. Au milieu de détails oiseux, on y saisit quelques particularités intéressantes; c'est une cohue au moins bizarrre : Boïeldieu, Beaumarchais, Chateaubriand, Carrier, Cambacérès, Carabon, etc.

Le Dictionnaire des hommes et des choses promettait encore plus de révélations piquantes qu'il n'en a donné. C'est ainsi qu'à la lettre A, nous trouvons

cet article : « Amours (les) du chevalier de Faublas. Charmant roman , qui a paru au commencement de la Révolution , qui a obtenu un succès constant et mérité, et dont Jean-Baptiste Louvet a toujours passé pour être Tauteur. Mais nous étonnerons bien nos lecteurs quand nous leur prouverons que les Amours de Faublas ne sont pas de Louvet. Sans doute que ce défunt législateur a laissé sur la terre des amis et des partisans qui prendront sa défense comme ils le doivent. Nous les priqns d'attendre les articles Faublas, Homberty Louvet^ Vaudoyer, »

Nous avons parlé de la galanterie du Cousin Jacques, galanterie qui, du reste, appartient au. siècle tout entier. En voici un exemple qui se présente dès les premières pages du Dictionnaire : « Sophie Arnould a choisi sa retraite à la campagne, et, partagée entre ses souvenirs et les jouissances que lui assure son amour pour les arts , elle se livre entièrement à Tagriculture. C'est ainsi qu'elle s'est assuré le bonheur de trouver toujours des fleurs sur la route quelle avait à parcourir. » Tout le Cousin Jacques est là-dedans.

Un nom, appelé naturellement par Tordre alphabétique, celui de Bonaparte, se dresse soudain dans le Dictionnaire néologique des hommes et Aes choses. Il est amusant de voir en quels termes le Cousin Jacques parle du jeune général et de sa rencontre avec lui chez Carnot :

c Bonaparte, après l'installation du Directoire, se trouvant général de la force armée de Paris , vint faire sa. visite à chacun des cinq directeurs. Carnot, nommé le dernier au refus de Sieyès, habitait une mansarde dans les combles du Luxembourg,

son appartement n'étant pas prêt. Gétait un lundi {dies lunœ)y jour qu'un .auteur avait choisi chaque semaine pour aller chez Carnot. Au moment où Bonaparte entra, cet auteur chantait un nouvel air qu'il avait prié une demoiselle d'essayer en l'accompagnant sur le piano. L'arrivée de Bonaparte interrompit l'ariette, comme bien l'on pense; on vit paraître cinq ou six jeunes gens, ses aides de camp, de la plus haute stature, et après eux, un petit homme , très-bien pris dans sa taille , s* annonçant et s'énonçant avec beaucoup de dignité, et saluant tout le monde avec cet air d'aisance et de politesse qui faisait contraste , il faut l'avouer, avec les manières et le ton de la plupart des généraux qu'on avait vus jusqu'alors.

« L'auteur demanda tout bas à Carnot quel était ce monsieur-là. — C'est le général de la force armée de Paris. — Comment s'appelle-t-il? — Bonaparte.

— Est-ce un homme d'esprit? — Je n'en sais rien.

— A-t-il des talents militaires? — On le dit. — Qu'at-il fait de remarquable? — C'est lui qui commandait les troupes de la Convention le 13 vendémiaire...

— Cela suffit.

(( Et la figure de V auteur de se rembrunir aussitôt ; et lui, électeur de vendémiaire, très-entiché de son opinion parisienne, de se retirer dans un coin, et de garder un profond silence, tout en considérant ce monsieur'-là, dont la physionomie ouverte et pleine de jeu lui eût beaucoup plu, sans ce que lui avait dit Carnot.

(( Bonaparte, voyant qu'une demoiselle était encore au piano et qu'on ne s'occupait plus que de faire cercle autour de lui, dit avec beaucoup de dou-

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ceur : — Mais je m'aperçois que j'ai troublé les plaisirs de la société; on chantait ici; que ce ne soit pa9 moi, je vous en supplie, qui interrompe la fête, etc. — Le directeur s'excusait, le général insista; enfin la demoiselle joua et chanta des couplets patrioti* ques, dont les refrains furent répétés par tout le monde, excepté par Tauteur en question ; le < 3 ven^ démiaire lui avait coupé la parole, et il ne soufflait pas le mot.

« Au reste, si sa bouche était muette, ses yeux ne Tétaient pas; car, du petit coin obscur dont il s'était emparé, il décomposait tous les traits de Bonaparte et il apprenait par cœur sa figure. Après la chanson, le général resta encore quelques minutes, se leva et partit. Il avait parlé peu, mais le peu qu il avait dit était plein de justesse; il se taisait plus qu'il ne parlait, mais tout à coup il rompait le silence et pro-* nonçait avec une extrême vivacité quelques paroles pleines de sens et toujours à propos. Quand il fut parti, la conversation ne roula plus que sur lui, et Carnot augura dès lors qv!il rCen resterait pas ià.

€ En revenant chez lui, l'auteur disait à sa famille, d'un air rêveur et abstrait : — Hunil c'est un singu^ lier nom que Bonaparte... Huml c'est dommage; il me plairait assez... Je ne sais, mais ce généraMà n'est pas un général comme les autres... Hum! je suis bien trompé s'il n'a pas d'esprit... — Et la famille de répondre : Hum! en effet, il est singulier. »

Il paraît que la suspension de cet ouvrage dérouta complètement le Cousin Jacques, car sa fécondité en fut dès lors sensiblement diminuée. Quelques années encore, et ou le perdit tout à fait de vue.

Il avait annoncé des Mémoires ^ et un recueil de contes; de tout cela on n'eut aucune nouvelle.

En 1805 seulement, il fit imprimer, sous le titre de Soirées chantantes ou le Chansonnier bourgeois^ le recueil de ses romances, rondes et chansons, avec des airs notés* Une grande naïveté, un vif sentiment de la mélodie sont les principaux caractères de sa musique. Rien de plus chantant que les couplets et les rondeaux qui terminent presque toutes ses pièces ; Méhul, Boïeldieu, Chérubini les ont souvent et hautement loués. Ce recueil fut son dernier adieu à la génération naissante*

Les biographes le font mourir le 19 décembre 4811, à Charenton* C'est pure invention de la part des biographes. Le Cousin Jacques est mort tout raisonnablement dans son domicile de la rue de Sèvres» m 2; il y est mort, non pas le 19, mais le

1« « Mes Mémoirei ne sauraient paraître à présent, malgré l'annonce qui a été faite dans quelques journaux. D*ailleurs, ils ne sont pas cliez moi ; ils sont disséminés ctiez différentes personnes, parce que, s*il s'en perd un volume d'un côté, on ne perdra pas tout. U y en a une partie en province et ^ne partie à Paris ; et si je meurs avant que Touvrage puisse paraître, on trouvera chei ma veUve et mes deux orphelines, — Justine et Rose^ •^— la note des personnes qui en sont dépositaires. Quant aux sommes qui m^ont été envoyées pour souscrire en tout ou en partie à ces Mémoires, J'avertis mes fidèles lecteurs, qui sont mes eréanciers, que le prit des denrées et de toutes les marctiandise» angmentatit d'heure en lieure, ce qui valait^ il y a quatre mois, 150 livres en assignats, ne vaudrait plus aqjourd'hui, pour l'impression de ces MémoheSy que 30 ou 40 livres, mais que cependant ils sont inscrits en tète pour la livraison des premiers volumes, et que Je supporterai seul toute perte. S*ili aiment mieux ravoir ieun assignattf je leê leur remettrai franc de port» » Testa* ment d'un Électeur^ page 137.

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17 décembre, ainsi que le témoigne l'acte de décès que nous avons tenu à faire Relever.

Il nous semble qu'après tout le Cousin Jacques dut s'en aller de^ ce monde sans trop de tristesse ; il fut pendant quinze ans un auteur à la mode; ses pièces firent ce qu'on appelle fureur. Que pouvait-il exiger de plus? il eut toutes les satisfactions d'amour-propre que Ton peut désirer : longtemps on fit des bonnets et des poufs aux Ailes de P Amour; un faïencier s'enrichit en vendant des gobelets au Cousin Jacques^ en cristal, très-joliment sculptés, ornés d'un croissant avec des étoiles parsemées alentour. Enfin il existait encore, il y a quelques années, dans la rue du Four-Saint-Germain, un vieux magasin à l'enseigne de la Petite Nanette. En faut-il davantage pour constituer une célébrité évidente?

Son buste, haut de dix-huit pouces, se voit à la bibliothèque de Laon.De son vivant, il l'expédiait luimême à quiconque lui en faisait la demande. — Prix : <2 livres tout emballé. Ainsi comprenait-il la gloire.

C'est par de semblables côtés qu'il se détache des écrivains^ordinaires, et qu'il acquiert une individualité réelle et amusante.

Esprit véritablement français, mais français dans l'acception du mot la plus frivole, nature abondante, ruisselante, débordante même, imagination bigarrée comme pas une, tête pleine de fusées, le Cousin Jacques est le dernier et le seul représentant de la tra« dition macaronique au dix-huitième siècle. Sans avoir la rouerie profonde de ses devanciers, il en a tout le joyeux, tout le bruyant; il pousse le burlesque jusqu'aux dernières extrémités. Toutefois, il sait accom* moder ses plus étonnantes inventions au goût de

ses lecteurs et demeurer rhomme de son époque : dès qu'il le veut, il est plus Dorât que Dorât, plus Florian que Florian ; ses madrigaux affadissent le cœur, ses bouquets à Chloris donnent des nausées. 11 y a du troubadour et de l'Arlequin en lui ; le luth et la batte se partagent ses prédilections.

En ce qui concerne ses pièces de théâtre, — j'entends celles où la politique n'entre pour rien, — je ne crois pas me hasarder trop en plaçant le Cousin Jacques immédiatement après Sedaine. Il a bien la touche plus molle, le dialogue plus étendu et plus bavard, mais au fond c'est le même sentiment, ce sont les mêmes préceptes d'honnêteté et de franchise. II sait transporter la poésie au théâtre, même dans les plue petits détails et dans les indications de scène ; en voici un exemple tiré du Club des bonnes gens : « Le théâtre représente deux jardins contigus, séparés par un mur mitoyen. Dans le jardin, à gauche, côté de la reine, est un berceau de feuillage sous lequel est assis le curé, d'un air rêveur, tenant des journaux; vis-à-vis de ce berceau, contre le mur, Nigaudinet est monté sur une double échelle et taille des arbres : — au fond, devant la porte de la maison du curé, Nanette file au rouet. Dans l'autre jardin, sous un berceau de fleurs, Élise brode un gilet. Au fond de ce jardin est un moulin à eau, dont la roue baigne dans un étang; — à la fenêtre du moulin, qui est très-élevée, on voit le meunier Thomas, avec une veste blanche, un bonnet blanc et une figure bourgeonnée, vider seul une bouteille de vin et regarder sa fille de temps en temps. »

Ne voilà-t-il pas tout un tableau, gai, bien éclairé et de bonne couleur?

Se8 écrits conservèrent jusqu'à la fin leur cachai individuel, car il n'eut et ne voulut jamais de colla* borateurs. Lorsque le Vaudeville, dont il avait été un des parrains, commença à entrer dans une voie de spéculation, et que onze auteurs se furent mis ensemble pour composer un petit acte sur Monsieur de Bièvre, lui seul ne céda pas à l'impulsion générale ; il travailla à l'écart, ce dont il convient de le louer. Aussi les jeunes gens d'alors ne manquèrent-ils pas de le traiter de radoteur et de le rayer de toutes les coteries.

Il fut| de son vivant, et même après sa mort, Tob* jet de critiques sévères et peu raisonnées. Devait-on gourmander avec tant d'amertume un littérateur de coin de feu, bonhomme comme pas un? -Songez donc, puisqu'il faut une excuse à son enjouement, que, deux fois dans sa jeunesse, il avait remporté le grand prix de l'Université; qu'il avait occupé une chaire d'éloquence à Douai; enfin, qu'il ne tenait qu'à lui d'être grave et pesant comme le premier venu, et que c'est uniquement par bonté d'âme et par compassion pour nous qu'il, n'a pas voulu être un homme sérieux. — Douce et gaie figure 1 honnête Cousin Jacques, cousin de tout le monde! que tu mérites bien le nom d'Abel que tu reçus à ta naissance!

NOTES

Dansle tome I"de ses Miettes (Paris, Ledoyen,4 853), M. François Grille a émietté quelques renseignements sur le Cousin Jacques :

LE COUSIN JACQUES. IdO

« VieD9| bonhomme^ que je dise uo root de toi. 4e n'ai plus que peu de terops à vivre. Mes forces décliaent. Je tombe^ je m*eD vas... Viens, Beiîroy, mon ami; vieas^ Cousin, me consoler, Rabelais de frafche date^ moins érudit» moins babile, mais moins cynique aussi, plus naïf, et pourtant ne manquant ni de goût, ni de tact^ ni de (inesse* ni môme au besoin d'élévation et de cœur.

« BelTroy de Regny {sic) était singulier, original, fantasque ; il était de bric et de brac^ facile et têtu, plein de verve et d'une abondance qui ne tarissait pas. 11 avait dans Tesprit une indépendance qui ne cédait à rien. Il avait du jugement, de la raison^ de la rondeur, de l'abandon, de la dignité^ tout cela mêlé, confondu, visible, et se trouvant par bonds, par éclairs, par saccades. Il aimait sa femcne et la trompait, il adorait ses ûlles et ne leur faisait pas de dot.*.*.

a II écrivit cinquante volumes, gazettes, romans, histoires, vers, prosQ. îl fit des comédies, des opéras, paroles etmusique; il y en eut qui allèrent jusqu'à près de quatre cents représentations de suite. On le portait ea triompbe. Il était le héros du boulevard et aussi des grands théâtres, car on le jouait partout. Il avait des • maîtresses, les plus jolies; il en prenait de toutes mains, on en a compté trois cents. Il ne rentrait tous les jours qu'après minuit; il prenait un lavement pour se rafraîchir; une de ses filles l'attendait, Justine; elle lui faisait une omelette qu'il mangeait pendant qu'elle lui lisait le journal, le livre à la mode ou les lettres qui, de toutes parts, pieu valent.

tt A deux heures du matin il se couchait , dormait peu et mal, se levait avec le soleil et recommençait une vie d'activité qui n'a, certes, par aucun autre, été égalée.

« Sa femme et ses deux filles étaient tenues par lui avec beaucoup d'amour, mais de sévérité; pas d'hommes dans la maison ; une morale austère, des principes sûrs, qui taisaient de ses femmes des saintes, tandis que lui, sans scrupule, faisait le diable à quatre.

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c II allait, rimait, chantait toujours. Le cerveau usé, il mourut prématurément, soigné par sa famille.

« Ses filles se marièrent fort bien, Tuoe à un financier, l'autre à un chef de bureau de la guerre. Toutes deux sont veuves. L'aînée est à Évreux, et voit beaucoup l'abbé OHivier, évêque. La cadette, celle qui avait pour mari le chef de la circonscription Desjardins^ a trois enfants : une fille et deux fils^ Âbel et Ernest. La fille a épousé un médecin; les fils sont dans l'enseignement des facultés et des collèges pour l'histoire, bien élevés, savants, honorés.

a Madame Desjardins sait la plupart des chansons du Cousin et les chante fort bien. i»

Complétons ces renseignements :

La veuve du Cousin Jacques, Marguerite Justine Viriez, est morte à 94 ans, le 5 décembre 1845, à la Magdeleine^ petit village attenant h Ëvreux (Eure), dans une propriété de M. Morel, son gendre.

La fille aînée du Cousin Jacques, Marie-Jeanne- Rose de Beffroy de Reigny, née à Chevregny près Laon, le 1" décembre 1782, est morte à Passy, près Paris, Grande-Rue, n* 63, le 6 mars 1857, veuve de M. Morel, chevalier de Saint-Louis, directeur des contributions directes du département de l'Eure.

La seconde fille du Cousin Jacques, Catherine- Abel-Justine de Befiroy deReigny, née à Chevregny, le 4 juillet 1784, vit encore ^ Elle est veuve de M. Desjardins, ancien chef de bureau au ministère de la guerre.

Elle habite Douai avec son fils aîné, M, Âbel Desjardins, docteur es lettres de la faculté de Paris, professeur d'histoire et doyen de la faculté des letties de

1 . Ces lignes et celles qui suivent ont été écrites en 1863 .

Douai, qui a publié plusieurs ouvrages : une Vie de Jeanne (TArCy Une Vie de saint Bernard, etc.; et, dans la Collection des documents inédits sur thistoire de France^ les négociations diplomatiques de la France avec la Toscane; in-4**. Imprimerie impériale, 4860-1861.

Son second fils, M. Ernest Desjardins, également docteur es lettres de la faculté de Paris, a fait paraître plusieurs ouvrages sur l'administration du temps des empereurs romains, sur les arts, rarchéologie, le Pérou, etc.; il est professeur d'histoire au lycée Bonaparte ^

Le même M. Grille a cité dans son ouvrage intitulé : Lettres sur le !•' bataillon des volontaires de Maine-et-Loire, au 3® vol., une très-longue lettre de Beffroy de Reigny à Carnot, datée de Surennes, le 27 décembre 1792, et traitant de la situation des théâtres. Mais nous avons tout lieu de croire cette lettre fabriquée, car, du mois d'août 1792 au mois de mai 1793, le Cousin Jacques ne cessa pas d'habiter la Bourgogne. Et puis, elle n'est pas du tout dans son ton habituel.

En voiôi une autre authentique, et relative à ses répugnances pour la collaboration. Elle est datée de Paris, le 25 juin 1786, et adressée à M. Favart fils, acteur du Théâtre-Italien, rue Neuve-Grange-Batelière, n° 38, faubourg Montmartre :

« Votre amitié pour moi, mon cher Favart, et les preuves que vous m'en avez données, m'enhardissent à vous pajpler franchement. La pièce de la Maison en lotterie aurait eu beaucoup de succès dans le tems qu'on l'a tirée,

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