EAUX GAZEUSES
(ouvriers PRÉPARAIfT LES).
g 1 . — Technologie. — Salaires. — Dangers. — Chômage.
Depuis quelques années, il se fait une grande consomfnation de limonade gazeuse et d'eau de Seltz. Cette fabrication est soumise à~une surveillance administrative toute particulière. Le premier établissement de ce genre a été fondé à Paris en ^800, et c'est là que les eaux de Seltz, ainsi que d autres eaux minérales factices, ont été d'abord fabriquées avec les appareils de Paul, de Genève.
Il est peu de professions aussi réellement dangereuses. Nous parlerons spécialement des ouvriers qui fabriquent Peau de Seltz, et qui se classent ainsi :
V Mécaniciens, — Monteurs, — Fondeurs. — Ces ouvriers fondent les bouchons, préparent les ressorts et ajustent les appareils sur des vases de grès ou de cristal. Ils gagnent de 5 à 6 fr. par jour, pendant cinq mois de Tannée; mais, pendant les sept autres mois, ils ne travaillent que trois jours par semaine. C'est en été, et à répoque des grandes chaleurs, que la consommation de Peau de Seltz est le plus considérable.
2fi Embouteilleurs, — Ils emplissent les siphons d'eau et de gaz. Lorsqu'ils travaillent, ils mettent des espèces de gantelets en cuir très-fort qui leur montent jusqu'au coude. Ils portent aussi un masque en fil de fer, pour se. préserver des blessures que pourraient leur faire les bou-
teilles de verre ou de grès qui éclatent souvent entre leurs mains. Ce masque, bien que léger, communique .une grande chaleur à la tête, et quelquefois les ouvriers commettent l'imprudence de le retirer pour respirer'plus librement. A ce moment^ si les vases éclatent, ils leur déchirent cryellemênt la peau et la chair. Les embouteilleurs gagnent de 4 à 5 fr. par jour, et leur chômage est aussi long que celui des mécaniciens et des monteurs.
3® Aides. — C'est le nom donné aux hommes de peine qui vissent les siphons, passent à la brosse et au blanc d'Espagne les bouchons d'étain, pour les faire reluire, servent les embouteilleurs en leur apportant les siphons vides, et rangent dans les caisses ceux qui sont pleins. Ils gagnent de 3 fr. à 3 fr. 50 c. par jour. Un certain nombre de ces aides sont occupés toute l'année, et d'autres ne travaillent guère que pendant quatre mois de l'année. Ils gagnent 3 fr. par jour. Dans la fabrication, ce sont les aides qui sont les plus exposés aux dangers dont nous venons de parler. Lorsqu'ils approchent des machines, ils ont le visage découvert et manient constamment des siphons qui viennent d'être remplis de gaz. Si l'un de ces vases se brise, les morceaux de verre sautent avec violence et les blessent grièvement. Ce danger n'est pas le seul que ces ouvriers puissent courir. Le nettoyage des bouchons d'étain, s'opérant à l'aide du blanc d'Espagne et d'une brosse tournante, produit une poussière qui dessèche peu à peu les poumons et devient une cause de phthisie pulmonaire.
L'enquête faite par la Chambre de Commerce a constaté que -HT ouvriers employés à la fabrication des eaux gazeuses travaillaient chez 27 patrons.
84 ouvriers sur ^00 savaient lire et écrire.