MES SOUSCRIPTEURS
Ce livre est autant votre œuvre que la mienne, car sans vous il n'eût pas été publié.
A ce titre, permettez-moi de vous le dédier, et de joindre à vos noms le souvenir de tous ceux qui m'ont aimé , en y comprenant aussi les travailleurs manuels dont j*ai partagé les labeurs.
La main qui trace ces mots a tenu le marteau et la lime. Je tiens à le dire à ceux d'entre vous qui
XVTIl DÏ^DICACE.
rignorent, et à le rappeler à ceux qui le savent, non par un puéril sentiment de vanité, non pour faire preuve d'une humilité feinte ou réelle, mais seulement parce que cela est vrai. Le soldat ne parle-t-il pas quelquefois d'une grande bataille d'où il n'est cependant revenu qu'avec des blessures? Le travail manuel est une lutte, un combat, et j'y ai pris part.
Chacun a son devoir à remplir. J'ai cru que le mien était de rechercher dans le passé, d'étudier dans le présent la condition de ceux dont l'existence a été ou est semblable à la mienne.
Il m'en coûte d'avoir à parler de moi; mais une dédicace est chose intime, et depuis que je suis né, j'ai contracté de nombreuses dettes de cœur sans avoir pu m'acquitter. J'en trouve ici l'occasion, et c'est avec bonheur que je la saisis.
Ce n'est pas sans une douce et triste émotion que je songe aux tendres soins dont mes grands parents ont entouré mon enfance chétive et maladive. Leur mémoire vénérée et bénie n'a pas cessé d'être présente à mon esprit, et en ce moment surtout je souffre de leur absence éternelle, en pensant aussi à tous ceux que j'ai perdus.