‹ Les ouvriers: drame en un acte, en vers (volume 2)Chapitre 18 sur 111 · SCÈNE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE QUATRIÈME

MARCEL, 86 levant.

JEANNE, se levant.

Je n'en sais rien...

MARCEL

Tu n'as pu le revoir?

JEANNE, avec hésitation.

Non.

Il n'a pas écrit ?

MARCEL

JEANNE

Jamais.

MARCEL

Ne pas savoir S'il est mort!

JEANNE

Le moyen?...

MARCEL

Alors, tu n'es pas veuve ?

JEANNE

Du moins, si je le suis, je n'en ai pas la preuve... — Et sais-tu la raison de mon trouble imprévu? Celui que j'ai cru mort , — je crois l'avoir revu !

Que dis-tu là?

Tout près d'ici, sur mon passage,

J'ai rencontré, m'offrant les traits de son visage, Un homme dont la vue a glacé tout en moi .

M Ane EL.

Quand donc ?

•JEANNE

Hier. — Tu peux juger de mon effroi l

MARCEL

Je ne te comprends pas...

JEANNE

Rien qu'à la ressemblance.

J'ai senti tout mon cœur battre avec violence I

Elle passe lentement .

Il marchait tète basse et vieux avant le temps.

Mais c'étaient bien ses traits qui sont là, — persistants 1

MARCEL

Eh bien, l'as-tu suivi?... Connais-tu sa demeure?

J'ai marché sur ses pas, mais de loin, près d'une heure;

Je l'ai perdu de vue auprès d^une maison

Où j*ai cru qu*il entrait, peut-être sans raison.

Il faisait déjà nuit. Ce matin, tu devines

Où j'ai couru, rôdant près des maisons voisines.

MARCEL

Eh bien?...

JEANNE

Sans résultat.

MARCEL

T'a-t-il vue à son tour ?

Page 1