‹ Les ouvriers: drame en un acte, en vers (volume 2)Chapitre 31 sur 111 · Jeanne, Morin, Marcel · texte numérisé non relu

Jeanne, Morin, Marcel

MORIN, avec résolation.

Alors, j'achèverai moi-même cette histoire 1 Car elle pèse aussi bien lourd sur ma mémoire. Oui, j'ai le souvenir confus, vague, effrayant, Du soir où je rentrai sous mon toit, bégayant. Au seuil, je trébuchai, cherchant des mains la porte. Votre mère m'ouvrit, pâle comme une morte.

Une table était mise, attendant mon retour... Sans doute j'étais gai, car je parlai d'amour : Mais je faisais horreur ! . . .

*" Montrant Jeanne.

Cette main me repousse!

Je vois encor le geste, et je sens la secousse. La querelle suivit, terrible chez tous deux.

— Ah! l'ivresse! la bête a des cris moins hideux! — J'entendis quelques mots plus durs qu'à l'ordinaire : D'idiot, je devins féroce et sanguinaire; Je ne pus supporter ma honte et son mépris! Sur la table un couteau m'attirait... je le pris, Et j'en portai deux coups, comme avec une épée...

MARCEL, courant vers sa mère*.

Quoi! ma mère! c'est vrai? c'est lui qui t'a frappée?

A l^orin.

Vous avez fait cela?

Sur un signe de Horin, il baisse la tête, anéanti. MORIN.

Pis encore! j'ai fui!

Celui qui frappe est lâche et ne songe qu'à lui!

Jeanne tombe assise à droite.

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