Marcel, Jeanne, Morin
* Quand le juge pensa surprendre mon secret,
* Je mentis! j'étouffai Taveu qu'il espérait;
* Pour tromper leurs soupçons, j'inventai mille choses
* J'expliquai ton absence et j'en donnai les causes;
* Et plus ils s'acharnaient à m^arracber ton nom,
* Plus, moi, je m'obstinais à leur répondre : noni
Morin s'est assis à gauche, accablé.
UARGEL.
* ma mère ! chère âme héroïque et sublime I
* C'est toi qui le sauvais ainsi, toi, la victime! ^
MORIN, rêvant.
Tout ce que j'oubliais se dresse en un moment : J'ai cru le passé mort... il dormait seulement !
JEANNE
Je guéris. C'est alors que commença la lutte Qui nous force à choisir la misère ou la chute!
MORlN, bas;
' La chute !
JEANNE
C'est alors que j'ai compris vraiment Ton crime, et que je t'ai jugé sévèrement,
* C'est là, dans le silenee et les longues soirées,
* Et les nuits sans sommeil, ces nuits désespérées!
* Quand on voit son malheur et qu'on l'approfondit,
* Que j*ai nourri ma haine et que je t'ai maudit!
KouTement de Horin. — Marcel est assis sur le fauteuil de droite; Jeanne est debout près de lui.
Tiens, en te revoyant, je frémis quand je pense Que je me suis trouvée au monde sans défense :