‹ Les ouvriers: drame en un acte, en vers (volume 2)Chapitre 33 sur 111 · Marcel, Jeanne, Morin · texte numérisé non relu

Marcel, Jeanne, Morin

* Quand le juge pensa surprendre mon secret,

* Je mentis! j'étouffai Taveu qu'il espérait;

* Pour tromper leurs soupçons, j'inventai mille choses

* J'expliquai ton absence et j'en donnai les causes;

* Et plus ils s'acharnaient à m^arracber ton nom,

* Plus, moi, je m'obstinais à leur répondre : noni

Morin s'est assis à gauche, accablé.

UARGEL.

* ma mère ! chère âme héroïque et sublime I

* C'est toi qui le sauvais ainsi, toi, la victime! ^

MORIN, rêvant.

Tout ce que j'oubliais se dresse en un moment : J'ai cru le passé mort... il dormait seulement !

JEANNE

Je guéris. C'est alors que commença la lutte Qui nous force à choisir la misère ou la chute!

MORlN, bas;

' La chute !

JEANNE

C'est alors que j'ai compris vraiment Ton crime, et que je t'ai jugé sévèrement,

* C'est là, dans le silenee et les longues soirées,

* Et les nuits sans sommeil, ces nuits désespérées!

* Quand on voit son malheur et qu'on l'approfondit,

* Que j*ai nourri ma haine et que je t'ai maudit!

KouTement de Horin. — Marcel est assis sur le fauteuil de droite; Jeanne est debout près de lui.

Tiens, en te revoyant, je frémis quand je pense Que je me suis trouvée au monde sans défense :

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