SCÈNE SEPTIÈME
Car les tentations m'assiégeaient, car enfin Sais-tu qu'il faut souvent lutter avec la faim ? Qu'il est de ces ennuis dont le cœur n'est pas maître? Et que devant mon fils j'aurais rougi peut-être? Quand je me demandais qui me protégerait, Je n'avais au berceau qu'un enfant qui pleurait! Eh bien, c'est cet enfant qui tout bas, à l'oreille, Me disait : «c Je suis là, ma mèrel je te veille !... »
— Je quittai notre ville et mon nom... Sans appui. Je travaillai pour vivre, et je vécus pour lui !
EUe montre Marcel.
Oui, Marcel, désormais, ma route était tracée : Je pouvais me défendre, et ma seule pensée Fut de faire de toi, quand l'âge te viendrait,
— Au lieu d'un misérable, — • un homme qui saurait Me faire honneur, enfin son image contraire!
Maintenant, tu sais tout : fais accueil à ton père !
MARCEL, se levant *.
Mon père!
JEANNE
Tu n'es pas indécis, n'est-ce pas?
M R I N , se levant, d'une Toix suppliante.
Voyons, mon fils, voyons...
JEANNE, saisissant la main de son fils.
Marcel, tu parleras?
MARCEL, échappant à sa mère et sanglotant sur une
chaise au fond.
Laissez-moi tous les deux... c'est une horrible lutte l