‹ Les ouvriers: drame en un acte, en vers (volume 2)Chapitre 39 sur 111 · SCÈNE HUITIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE HUITIÈME

HÉLÈNE

Partir?...

MORIN

•Pliis de projets! quittons cette maison!

Je sens qu'en y restant je perdrais la raison !

HÉLÈNE

Partir?... Gomment?... Marcel!

Elle l'iaterroge des yeux.

MARCEL

Jevoudrais tout VOUS dire!

MORIN

On vient de me chasser, on vient de me maudire !

MARCEL, Tivement.

Non, ne le croyez pas. l

HÉLÈNE

Vous l'avez insulté, Lui qui n'est que tendresse et générosité?

MORIN, la pressant dans ses bras.

Parle, et dis-leur qu'il n'est pas juste qu'on m'accable. Et que je ne suis pas, ma fille, un misérable! - S'ils ne le savent plus, dis-leur ce que j'ai fait : Parle-leur des petits que ma main réchauffait 1 Suis-je donc un brigand sorti de son repaire? J'étais père pour toi, dis-leur que j'étais père!

Ah! oui, vous êtes bon, oui, vous l'avez prouvé! — Mais répondez-moi donc!... mais qu'est-il arrivé? Marcel, qu'attendez-vous?... Vous savez si je l'aime.

oi LES OUVRIERS.

Et le mal qu'on lui fait, on le fait à moi-même! — Vous ne répondez rien...

MARCEL, à part.

Que lui dire?

HÉLÈNE

Ni vous, Mère Jeanne?.. • Qui donc s'est tourné contre nous?

UORIN.

C'est moi qui suis de trop : ce logis est funeste. Viens, ma fille.

UARGEL, Tivement.

Comment, l'emmener?...

MORIN, après un silence 1.

Eh bien, reste!

HÉLÈNE

Vous quitter!

MORIK.

Si tu veux : tu peux encor choisir.

Mes projets, que sont-ils auprès de ton désir? Choisis... tu peux rester avec eux : tu les aimes; Mais il faut m'oublier comme ils feront eux-mêmes.

n s'attendrit et sa yolx faiblit de plus en plus.

Je garderai pour moi le deuil et les affronts :

Tu m'embrasseras bien, et nous nous quitterons!

HÉLÈNE, le prenant dans ses bras.

Je reste avec vous!

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