‹ Les ouvriers: drame en un acte, en vers (volume 2)Chapitre 40 sur 111 · Jeanne, Marcel, Morin, Hélène · texte numérisé non relu

Jeanne, Marcel, Morin, Hélène

, SCÈNE HUiriÈME. 55

MARCEL, désespéré.

Mère, ils s'en vont!

MORIN

Viens... Hélène!

HÉLÈNE

Vous tremblez; qu'avez-vous?

MARCEL lui ayancs une chaise.

II se soutient à peine !

MORIN ^ s'affaissant.

Je n*y survivrai pas... c'est un trop grand effort!

Il perd connaissance.

HELENE

Ah! vous l'avez tué!

JEANNE, sortant de son morne silence et se précipitant

avec un cri.

Non!... ce n'est pas la mort?...

Ils s'empressent tous autour de lui.

MARCEL

Non, non, rassurez- vous ; ce n'est rien, je l'espère.

HÉLÈNE, étonnée.

Vous l'aimez donc tous deux?

JEANNE, très-éraue.

C'est mon mari I...

MARCEL

Mon père !

HÉLÈNE

Votre père?... Alors...

SB LRg OUVRIERS.

M A R G E L , ' lui montrant Morin.

Chut!...

MORIN, rouvrant les yeux.

0^6 s'est-il donc passé?

J'ai la tête brûlante et le cœur oppressé. .

Apercevant Hélène à ses pieds.

Ah! c'est toi, mon enfant?... Quelle est cette demeure? Ai-je rêvé?... mais non, j'étais là tout à l'heure...

MARCEL, s'agenoaiUant.

Pardon! je suis coupable envers vous! j'ai mal fait! Ahl mon père!

MORIN, rembrassant avec force.

Mon fils! — ce mot-là m'étouffai tl

MARCEL

* Je suis un vaniteux ! Je sens toute ma faute

* Et ne porterai plus jamais la tête haute !

'*' J'eus tort de me montrer insensible et brutal,

* Absolu dans le bien comme on l'est dans le mal I

* J'aurais dû, le premier, lire en votre pensée,

* Et vous justifier de la faute passée!

* Ahl ma raison n'était qu'un orgueil obstiné!

MORIN

* Tu pardonnes... mais, elle, a-t-elle pardonné?

MARCEL, attirant Jeanne vers Morin qui s'est levé.

Mère, Dieu Ta voulu! viens donc!

HÉLÈNE

Venez!

SCÈiNE HUITIÈME. 57

Oublie!

MORIN, humblement.

Jeanne !

JEANNE, allant à lui.

Planez ma main, c'est celle d'une amie.

Je fus cruelle aussi : j'ai besoin de pardon !

HÉLÈNE, gaiement.

Vous restez avec nous? toujours? plus d'abandon? Nous serons tous heureux, n'est-ce pas?

MORIN, avec tristesse.

Je l'ignore!

MARCEL,* les regardant successivement.

C'est moi qui vous le dis, — vous sourirez encore.

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