‹ Les ouvriers: drame en un acte, en vers (volume 2)Chapitre 73 sur 111 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

SUZANNE

Quoi encoi-e?

PROSPER

L'immense satîçf&r^ion d'artiste que je me promets à vous voir découviir ma lettre où je l'ai cachée !...

SUZANNE

Ahl décidément, Tesprit gâte le cœuri

Pas toujours, mademoiselle I... vous en êtes la preuve!

SUZANNE

Un madrigal!... C'est votre dernier mot?

PROSPER

C'est le dernier! Rupture des négociations!

SUZANNE

Eh bien, j'espère que j'y ai ai mis toutes les formes et que j'ai fait les trois sommations!

PROSPER

Oui!

SUZANNE

Et maintenant, que les trompettes sonnent aux champs.. « puisque c'est moi qui vous ai empêché de les détruire, ces pattes de mouche, me voilà bien forcée de réparer le mal que l'ai fait et de vous les faire brûler devant moi!

PROSPER

Qu'à cela ne tienne, mademoiselle!... la lettre est ici!...

SUZANNE

Elle est ici?

PROSPER

Ici ! Trouvez-la, et je vous autorise à la brûler vous-même.

SUZANNE

Ah! je suis artiste aussi, moi!... Et je ne serai pas contente que vous ne la brûliez de votre main... à ce feu-là!

Madame, je vous jure sur mon honneui que si vous venez à bout de faire ce que vous dites là... je renonce à mademoiselle l\la."the... et je pars ce soir... madame... ce soir... pour aller f*li Cl cher femme aux îles Marquises!

* SUZANNE

C'est juréï

PReSPEB.

Juré!

SUZANNE

Lftche qui s'en décUtl... — Je vous préviens «pie je suis entêtée!...

PROSPBR.

Moi aussi !

SUZANNE

Que la peut- du qu'en dira-t-on ne m'arrêtera jamais!...

PRÔSPfià.

Moi non plus !

SUZANNE

Surtout quand il s'agit d'une bonne action I

^ROSPÈR.

Oh I pour moi, sur le chapttf'e (tes bonnes actions, glissons! glissons l...

Et que je vais commencer un blocus en règle 1 Je m'attache à vous, je vous assassine de ma présence; je suis fatigante, insupportable, odieuse... et je ne vous quitte plus que vous n'aje^ dit : « Dîeuî tjue cette femme est agaçante î... j'iatinte encore mieux brûler la lettre!»

PROSPER

Madame!... je ne crois pas qu'on ait jamais menacé quelqu'un d'un supplice aussi charmant ! et mon âme est ivre de joie à la pensée des bonnes heures que nous allons passer ensemble!... Veuillez vous asseoir dans ce fauteuil et vous considérer ici comme chez vous... Voici du feu, des livres et (][uelques albums de voyage sur lesquels j'ose appeler votre attention ! Les casiers sont ouverts : ici mes coquillages, là les insectes de Thirion ; toutes les clefs sont aux serrures... y sont-elles? (ii regarde.) elles y sont! excepté à ce petit coffre, quicontient des papiei-s d'affaires sans Intérêt pour vous! Allez, venez, ouvrez! bouleversez et fureteÈ partout, je serai trop heureux si cela peut charmer vos loisirs pendant unepr^iite visite que je suis obligé de faire à mon oncle, et si je vous retr uve au retour, pour continuer ce délicieux entretien qi\* ne àoit plus cesser L,,

SUZAN^'Ë

Mais...

PROSPER

K bientôt !... madame, à bientôt 1 1\ tott*

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