‹ Les ouvriers: drame en un acte, en vers (volume 2)Chapitre 74 sur 111 · ACtE II. %i · texte numérisé non relu

ACtE II. %i

èGÉxNE tiî

SUZANNE, Mo!^

Comment... il s*en va? — Décttîèment il y a de Tétolfe chez ce monsieur. Voilà ilne sortie qtfî n't^i Ms ïéàl trouvée comme impertinence!... « Donnez-vous éonc la peine de chercher, madame, tout est ouvert... tout, excepté ce coffre I.*. » Ce soin de souligner son coffre... avec des papiers importants !... Pauvre monsieur! — Me voilà déjà sûre que la lettre n'y est pas, dans son coffre! — Oui, mais elle est ici!... Où a-t-il pu la cacher? (On fnépçe i It pëfHe ^rte de droite.) D^jl^ ! ^n^fi . .,. c\^St à Icl; petilC

porte du parc! (coups plus pressés.) Qui va là? Tenez, mé voilà compromise ! rendez donc service ! Êiie ouvre.

SCÉNÈ Vllf SUZANNE, CLARlSSf:.

CLARISSE, sur le seuil de U porte.

Seule, n'est-ce ffts?

SUZANNI.

Clarisse !

CLARISSE , fennaât k porte.

JeJ*ai VU passer à cheval sous mes fenêtres, et né vous voyant pas revenir, ma foi, je ne tenais plus en place... J*ai jeté ce châle sur mes épaules, et je suis venue...

SUZANNE

Impmd^tel... Si votre mari vous avait vuel... ou madamo Colomba, la charité môme I

CLARISSE, jetant san éMle sur le eafM^.

Bah! puisque nous sommes deux! L'avez-vous?

SUZANNE

La lettre? — Non! il refase de la rendre!

CLARISSE

Oh! Suzanne, il Ta laissée ici quelque part! troavez-la, je vous en prie ; je n'ose plus regarder en face M. Vanhove : il me semble qu'il a tout deviné... qu'il sait tout!

SUZANNE, assise sur le diTan.

Ah! ma paufré amie I quelle leçon pour les jeunes filles, si elles vous entendaient)

n LES PATTES DE MOUCHE.

CLARISSE

Ah ! je vous réponds qu*elles n'écriraient jamaisî

SUZANNE

Quitte à parler double... voilà une moralité bien comprise*

CLAAISSE.

Mon Dieu I ne perdons pas de temps, cherchonsl

SUZANNE

^ Mais je cherche!

CLARISSE

Comme cela?

SUZANNE

De tête... oui... plus sûrement qu'avec mes mains!

CLARISSE

Mais il faut tout remuer, tcut voir!...

SUZANNE

Faites ! j*ai licence! — Mais ce n'est pas ma manière, à moi !

CLARISSE , cherchant sur la table au milieu des livres, des papier», etc.

Comment! vous allez rester là, assise?

SUZANNE, tranquillement.

Ah! ma chère enfant, la nature, en nous créant fenmie, nous a joué un si vilain tour, qu'elle a voulu nous dédommager par le cadeau d'un sixième sens, comme les papillons!... Avez-vous jamais examiné les papillons?

CLARISSE

Oui... je ne sais... Quelle question !

SUZANNE

Eh! bien, regardez dans ce cadre-là... tenez !... (ciari^se prend i«

eodie, et le lui apporte vivement.) C'est la COllectiOU de ThinOU... Et

voyez^ leurs tôtès... c'est très-joli 1... Ils ont là deux petites coi>nes, longues... longues... pour sentir et palper de loin!

CLARISSE

Eh bien?

SUZANNE

Eh bien, ma chère... nous autres femmes , nous avons comme cela des petites cornes d'or tout autour de la tôle... si fines, qu'on ne les voit pas, et si délicates, qu'elles devinent tout!... les unes en vrilles, pour entortiller ces messieurs, et les autres pointues, pour les aveugler!...

. CLARISSE , reportant le cadre avec dépit.

Et c'est avec cela que vous prétendez retrouver ma lettre?

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